Entraînement oral DELF B2 — Sujet 10
Les jeunes et l'engagement citoyen
Les jeunes sont souvent accusés de se désintéresser de la politique : lors des dernières élections, moins d'un électeur de moins de vingt-cinq ans sur trois s'est rendu aux urnes. Pourtant, une étude montre que ces mêmes jeunes s'investissent massivement dans des causes concrètes : défense de l'environnement, associations de quartier, pétitions en ligne, aide aux personnes isolées. Pour certains observateurs, il s'agit d'une nouvelle forme d'engagement, moins liée aux partis. D'autres estiment que cet activisme, souvent limité aux réseaux sociaux, reste superficiel et ne remplace pas la participation aux institutions. Dégagez le problème soulevé par ce document et donnez votre point de vue.
Present the issue and your point of view, clearly and in an organised way (5 to 7 minutes).
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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
l'engagement
commitment / involvement
l'abstention
abstention
se rendre aux urnes
to go to vote
une association
a non-profit organisation
le bénévolat
voluntary work
une pétition
a petition
l'éducation civique
civic education
superficiel
superficial
se mobiliser
to mobilise
la participation
participation
TipsStructure, register and traps to avoid.View
- Present the paradox clearly: low voting among young people but strong involvement in concrete causes.
- Define what you mean by 'engagement' early, because the whole debate depends on this word.
- Support each argument with a precise example, such as a climate march, a local association, or an online petition.
- Conclude with complementarity: local action and voting should reinforce each other, rather than compete.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View
French
Le document que je vais présenter met en évidence un paradoxe concernant l'engagement des jeunes. D'un côté, ils sont souvent accusés de se désintéresser de la politique : lors des dernières élections, moins d'un électeur de moins de vingt-cinq ans sur trois s'est rendu aux urnes. De l'autre, une étude montre qu'ils s'investissent massivement dans des causes concrètes, comme l'environnement, les associations de quartier, les pétitions en ligne ou l'aide aux personnes isolées. Pour certains observateurs, il s'agit d'une nouvelle forme d'engagement ; pour d'autres, cet activisme reste superficiel. La problématique est donc la suivante : les jeunes sont-ils réellement désengagés, ou inventent-ils une autre manière de s'impliquer qui ne passe plus par les partis et le vote ? Et cette forme d'engagement suffit-elle à faire vivre la démocratie ? À mon avis, il serait injuste de parler de désintérêt, mais il serait imprudent de négliger le vote. Je développerai trois arguments. Premièrement, les jeunes sont engagés, mais autrement. Beaucoup préfèrent agir sur des causes précises plutôt que d'adhérer à un parti, parce qu'ils voient des résultats rapides. Une association qui nettoie une plage, distribue des repas ou donne des cours de soutien produit des effets visibles en quelques semaines. Pendant les marches pour le climat, des centaines de milliers de lycéens ont montré qu'ils savaient s'organiser et faire entendre leur voix. Cela ne ressemble pas à de l'indifférence. Deuxièmement, cet engagement a des limites. Cliquer sur « j'aime » ou signer une pétition en ligne demande très peu d'effort, et on peut douter de son impact réel. Les réseaux sociaux favorisent aussi l'émotion rapide et les opinions tranchées plutôt que la réflexion. Surtout, une cause défendue sans lien avec les institutions risque de ne jamais se traduire en lois. Si les jeunes n'élisent pas leurs représentants, ce sont les autres générations qui décident à leur place, par exemple en matière de retraites, de logement ou de climat, des sujets qui les concernent pourtant directement. Troisièmement, l'éducation civique joue un rôle central. Beaucoup de jeunes disent ne pas voter parce qu'ils trouvent la politique compliquée, lointaine ou peu crédible. Il faut donc leur expliquer le fonctionnement des institutions, leur apprendre à comparer des programmes et à vérifier des informations. À l'école, des conseils de délégués actifs, des simulations d'élections ou des débats encadrés permettent de s'exercer à la citoyenneté de façon concrète. Ainsi, le premier vote ne sera plus un saut dans l'inconnu. Prenons un exemple local. Dans ma ville, des lycéens ont lancé une collecte de vêtements pour des familles en difficulté, puis ont demandé un rendez-vous à la mairie pour obtenir un local de stockage. En quelques mois, ils ont donc compris comment fonctionne une décision publique : il faut convaincre, argumenter et négocier. Cette expérience les prépare mieux à la vie citoyenne que bien des cours théoriques, et elle montre que l'action concrète peut mener naturellement vers les institutions. On pourrait objecter que le vote n'est plus le meilleur moyen d'agir, et que les grandes décisions échappent aux urnes, au profit d'entreprises ou d'organisations internationales. Je reconnais qu'il y a là une part de vérité, et que la défiance des jeunes envers les partis s'explique par des promesses non tenues. Cependant, renoncer au vote revient à abandonner un levier que d'autres utiliseront sans eux. À mon sens, l'action associative et le vote ne s'opposent pas : un jeune qui connaît les difficultés du terrain sera un électeur plus informé, et un élu sensible à ces questions écoutera mieux les associations. Il me semble aussi que les adultes ont leur part de responsabilité. En critiquant les jeunes sans les associer aux décisions, on renforce leur méfiance. Des conseils de jeunes dans les communes, des budgets participatifs ou des consultations régulières montreraient que leur avis compte vraiment. L'engagement se nourrit de la confiance. En conclusion, je pense que les jeunes ne sont pas désintéressés, mais qu'ils attendent d'être pris au sérieux. Il faut reconnaître la valeur de leur action concrète, tout en les encourageant à utiliser aussi les institutions. C'est en combinant les deux formes d'engagement que l'on renforcera la démocratie.
English
The document I am going to present highlights a paradox about young people's involvement. On one hand, they are often accused of losing interest in politics: at the last elections, fewer than one in three voters under twenty-five went to the polls. On the other, a study shows that they invest massively in concrete causes, such as the environment, neighbourhood associations, online petitions or helping isolated people. For some observers, this is a new form of commitment; for others, this activism remains superficial. The problem is therefore the following: are young people really disengaged, or are they inventing another way of getting involved that no longer goes through parties and voting? And is this form of commitment enough to keep democracy alive? In my opinion, it would be unfair to speak of disinterest, but it would be imprudent to neglect voting. I will develop three arguments. First, young people are engaged, but differently. Many prefer to act on specific causes rather than join a party, because they see quick results. An association that cleans a beach, distributes meals or gives tutoring produces visible effects within weeks. During climate marches, hundreds of thousands of high-school pupils showed they knew how to organise and make their voice heard. That does not look like indifference. Second, this commitment has limits. Clicking 'like' or signing an online petition takes very little effort, and one can doubt its real impact. Social networks also favour quick emotion and sharp opinions over reflection. Above all, a cause defended without links to institutions risks never turning into laws. If young people do not elect their representatives, other generations decide in their place, for example on pensions, housing or climate, subjects that nevertheless directly concern them. Third, civic education plays a central role. Many young people say they do not vote because they find politics complicated, distant or not credible. They must therefore be taught how institutions work, how to compare programmes and check information. At school, active class representative councils, mock elections or supervised debates allow them to practise citizenship concretely. Thus the first vote will no longer be a leap into the unknown. Let us take a local example. In my city, high-school pupils launched a clothing drive for families in difficulty, then asked the town hall for a meeting to obtain a storage room. In a few months, they thus understood how a public decision works: one must convince, argue and negotiate. This experience prepares them for civic life better than many theoretical courses, and it shows that concrete action can naturally lead towards institutions. One could object that voting is no longer the best way to act, and that major decisions escape the ballot box in favour of companies or international organisations. I acknowledge there is some truth in this, and that young people's distrust of parties is explained by broken promises. However, giving up the vote means abandoning a lever that others will use without them. In my view, associative action and voting are not opposed: a young person who knows the difficulties on the ground will be a better-informed voter, and an elected official sensitive to these issues will listen better to associations. It also seems to me that adults bear part of the responsibility. By criticising young people without involving them in decisions, we reinforce their distrust. Youth councils in municipalities, participatory budgets or regular consultations would show that their opinion really matters. Commitment feeds on trust. In conclusion, I think young people are not disinterested, but are waiting to be taken seriously. We must recognise the value of their concrete action, while also encouraging them to use institutions. It is by combining the two forms of commitment that democracy will be strengthened.