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Entraînement oral DELF B2 — Sujet 11

Mode éphémère : le vrai prix des vêtements

Selon une étude publiée par un institut de recherche sur la consommation, un vêtement est aujourd'hui porté en moyenne sept fois avant d'être jeté, contre une quinzaine de fois il y a vingt ans. Les enseignes de mode éphémère renouvellent leurs collections toutes les deux semaines et proposent des T-shirts à moins de cinq euros. Ces prix attirent une clientèle jeune, souvent à budget limité, qui y voit un moyen de suivre les tendances sans se ruiner. Mais l'industrie textile émettrait désormais plus de gaz à effet de serre que l'aviation et le transport maritime réunis, et chaque année, des tonnes de vêtements usagés finissent dans des décharges à ciel ouvert, dans des pays qui ne les ont jamais commandés. Dégagez le problème soulevé par ce document et donnez votre point de vue.

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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
  • la mode éphémère

    fast fashion

  • le gaspillage

    waste

  • l'empreinte carbone

    carbon footprint

  • la seconde main

    second-hand

  • les conditions de travail

    working conditions

  • l'achat impulsif

    impulse buying

  • les invendus

    unsold goods

  • certes... mais

    admittedly... but

  • il convient de

    it is appropriate to

  • faire peser la responsabilité sur

    to place the responsibility on

TipsStructure, register and traps to avoid.View
  • Open by presenting the document in your own words (source, main figures, central idea) in two or three sentences, then state the problem as a question: who should bear responsibility for this model?
  • Announce a clear plan in two or three parts (why it appeals / its limits / solutions) and use connectors such as 'tout d'abord', 'en revanche', 'par conséquent' to guide the examiner.
  • Avoid a one-sided moral lecture. Acknowledge that cheap clothes meet a real need for low-income people, then show that the real cost is simply paid by others.
  • Keep a formal but natural spoken register, avoid slang, use the conditional for nuance ('on pourrait objecter que...') and finish with a conclusion that answers your opening question.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View

French

Bonjour. Le document que j'ai choisi de vous présenter est un extrait d'étude consacré à la mode éphémère, ce que l'on appelle en anglais la fast fashion. Il nous apprend qu'un vêtement est désormais porté en moyenne sept fois avant d'être jeté, contre une quinzaine de fois il y a vingt ans, que les enseignes renouvellent leurs collections toutes les deux semaines et que l'industrie textile pèse très lourd dans les émissions de gaz à effet de serre. Il souligne enfin que des montagnes de vêtements usagés se retrouvent dans des pays qui ne les ont jamais demandés. La question que pose ce texte est la suivante : peut-on continuer à défendre le droit de s'habiller à bas prix et de suivre les tendances, alors que ce système a un coût écologique et humain considérable ? Autrement dit, à qui revient la responsabilité de ce modèle : au consommateur, aux entreprises ou aux pouvoirs publics ? Pour y répondre, j'expliquerai d'abord pourquoi ce modèle séduit autant, puis j'en montrerai les limites, avant de proposer des pistes pour en sortir. Tout d'abord, il faut reconnaître que la mode à bas prix répond à un besoin réel. Pour une famille modeste ou pour un étudiant, acheter un manteau à trente euros plutôt qu'à deux cents n'est pas un caprice, c'est parfois la seule option possible. Les vêtements sont aussi un moyen d'expression et d'intégration sociale, en particulier chez les adolescents, qui n'ont aucune envie d'être mis à l'écart parce qu'ils portent des habits démodés. Condamner moralement ces acheteurs serait donc injuste, et d'ailleurs peu efficace. Il ne faut pas oublier non plus que ces enseignes ont créé des millions d'emplois, notamment dans des pays comme le Bangladesh, où l'industrie textile fait vivre des quartiers entiers. Cependant, les conséquences de ce système sont difficiles à ignorer. Sur le plan environnemental, la culture du coton consomme d'énormes quantités d'eau, les fibres synthétiques libèrent des microplastiques à chaque lavage, et le renouvellement très rapide des collections encourage l'achat impulsif : on achète, on porte deux fois, on jette. Sur le plan social, ces prix dérisoires ne sont possibles que grâce à des salaires minuscules et à des conditions de travail parfois dangereuses, comme l'ont tragiquement montré plusieurs effondrements d'ateliers ces dernières années. Le véritable prix d'un vêtement n'est donc pas celui qui figure sur l'étiquette : il est payé par d'autres, ailleurs ou plus tard. À mon avis, la solution ne passe ni par une interdiction pure et simple, ni par la seule bonne volonté individuelle. Les consommateurs peuvent évidemment agir : acheter moins mais mieux, se tourner vers la seconde main, qui connaît un succès croissant sur les plateformes en ligne, ou encore réparer plutôt que remplacer. Mais cela ne suffira pas tant que les marques continueront d'inonder le marché de nouveautés. Il revient donc aux États de fixer des règles claires : un affichage environnemental obligatoire sur chaque produit, une taxe sur les articles les moins durables, l'interdiction de détruire les invendus et une véritable responsabilité des producteurs pour le recyclage. Certains pays ont déjà commencé à légiférer dans ce sens, et ces mesures modifient peu à peu les pratiques des entreprises. Bien sûr, on pourrait m'objecter qu'une taxe ou une réglementation pénaliserait d'abord les plus pauvres, qui verraient le prix de leurs vêtements augmenter, et qu'elle menacerait aussi les emplois des ouvriers des pays producteurs. C'est une objection sérieuse, et je la prends au sérieux. C'est pourquoi ces mesures devraient s'accompagner d'aides ciblées pour les foyers modestes, du développement de la réparation et de la seconde main à prix accessible, et d'une exigence de salaires décents chez les fournisseurs, afin que la transition ne soit pas payée par ceux qui ont déjà le moins. Pour conclure, la mode éphémère nous place devant une contradiction : nous voulons à la fois des prix bas, des emplois et une planète vivable. Je pense que l'on ne peut pas tout avoir en même temps, et qu'il faut accepter de payer un peu plus cher pour acheter moins souvent. Cela suppose un changement de mentalité, mais aussi un cadre collectif clair, car c'est rarement par pure vertu que l'on change ses habitudes. Je vous remercie de votre attention et je suis prêt à répondre à vos questions.

English

Hello. The document I have chosen to present is an extract from a study on fast fashion. It tells us that a garment is now worn on average seven times before being thrown away, compared with about fifteen times twenty years ago, that retailers renew their collections every two weeks, and that the textile industry weighs very heavily in greenhouse gas emissions. Finally, it stresses that mountains of used clothing end up in countries that never asked for them. The question raised by this text is the following: can we keep defending the right to dress cheaply and follow trends, when this system has a considerable ecological and human cost? In other words, who is responsible for this model: the consumer, companies or public authorities? To answer, I will first explain why this model is so appealing, then show its limits, before proposing ways out. First of all, we must acknowledge that cheap fashion meets a real need. For a low-income family or a student, buying a coat for thirty euros rather than two hundred is not a whim; it is sometimes the only possible option. Clothes are also a means of expression and social integration, particularly among teenagers, who have no wish to be left out because they wear unfashionable clothes. Condemning these buyers morally would therefore be unfair, and moreover not very effective. We must also not forget that these brands have created millions of jobs, particularly in countries like Bangladesh, where the textile industry supports entire neighbourhoods. However, the consequences of this system are hard to ignore. Environmentally, cotton growing consumes enormous quantities of water, synthetic fibres release microplastics with every wash, and the very rapid turnover of collections encourages impulse buying: you buy, you wear it twice, you throw it away. Socially, these tiny prices are only possible thanks to minuscule wages and sometimes dangerous working conditions, as several workshop collapses have tragically shown in recent years. The true price of a garment is therefore not the one on the label: it is paid by others, elsewhere or later. In my view, the solution lies neither in an outright ban nor in individual goodwill alone. Consumers can obviously act: buy less but better, turn to second-hand clothing, which is enjoying growing success on online platforms, or repair rather than replace. But that will not be enough as long as brands keep flooding the market with new products. It therefore falls to states to set clear rules: mandatory environmental labelling on every product, a tax on the least durable items, a ban on destroying unsold goods, and genuine producer responsibility for recycling. Some countries have already started legislating along these lines, and these measures are gradually changing company practices. Of course, one could object that a tax or regulation would first penalise the poorest, who would see the price of their clothes rise, and that it would also threaten the jobs of workers in producing countries. This is a serious objection, and I take it seriously. That is why these measures should be accompanied by targeted aid for low-income households, the development of repair and second-hand options at affordable prices, and a requirement for decent wages among suppliers, so that the transition is not paid for by those who already have the least. To conclude, fast fashion confronts us with a contradiction: we want low prices, jobs and a liveable planet all at once. I think we cannot have everything at the same time, and we must accept paying a little more in order to buy less often. This requires a change in mentality, but also a clear collective framework, because it is rarely out of pure virtue that people change their habits. Thank you for your attention, and I am ready to answer your questions.