Entraînement oral DELF B2 — Sujet 14
Tourisme de masse : bénédiction ou fardeau ?
Dans une ville côtière très prisée, les habitants ont manifesté contre l'afflux de visiteurs : loyers en hausse, commerces de proximité remplacés par des boutiques de souvenirs, plages saturées et ressources en eau sous tension. Le tourisme représente pourtant près d'un quart des emplois de la région et finance l'entretien du patrimoine. La municipalité envisage d'instaurer un quota de visiteurs et une taxe d'entrée, mesures que certains professionnels jugent contraires à la liberté de voyager. Une étude indique que les touristes les plus nombreux, ceux qui passent une seule journée sur place, dépensent le moins mais produisent le plus de déchets. Dégagez le problème soulevé par ce document et donnez votre point de vue.
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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
le tourisme de masse
mass tourism
l'afflux de visiteurs
influx of visitors
le patrimoine
heritage
la hausse des loyers
rising rents
un quota
a quota
la taxe de séjour
tourist tax
le tourisme durable
sustainable tourism
les retombées économiques
economic benefits
surfréquenté
overcrowded
en l'occurrence
in this case
TipsStructure, register and traps to avoid.View
- Present the conflict neutrally first: residents on one side, economic actors on the other. Then ask: can a place be both a living city and a tourist product?
- Choose a three-part plan: economic benefits / social and environmental costs / solutions. Illustrate each part with a concrete image, such as a baker replaced by a souvenir shop.
- Beware of moralising about tourists. As a traveller yourself, include an 'I' perspective ('moi-même, quand je voyage...'); it makes the argument human and credible.
- Use the conditional and softeners ('il me semblerait judicieux de...') for proposals, and end by answering the problem: regulation, not prohibition.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View
French
Bonjour. Le document que je vais vous présenter décrit une situation que l'on observe dans de plus en plus de destinations touristiques : les habitants d'une ville côtière très fréquentée ont manifesté contre l'afflux de visiteurs. Ils dénoncent la hausse des loyers, la disparition des commerces de proximité remplacés par des boutiques de souvenirs, des plages saturées et une pression sur l'eau. Pourtant, le tourisme représente près d'un quart des emplois de la région et finance l'entretien du patrimoine. La municipalité envisage donc un quota de visiteurs et une taxe d'entrée, ce que certains professionnels considèrent comme une atteinte à la liberté de voyager. Le texte ajoute un détail éclairant : les visiteurs d'un jour sont les plus nombreux, dépensent le moins et produisent le plus de déchets. Le problème soulevé est le suivant : une ville peut-elle rester un lieu de vie pour ses habitants tout en étant un produit touristique très demandé ? Et, plus largement, qui doit décider de l'usage d'un espace qui appartient à la fois à ses résidents, à ses visiteurs et à la mémoire collective ? Je procéderai en trois temps : d'abord les bénéfices du tourisme, ensuite ses coûts, enfin les solutions qui me paraissent raisonnables. Premièrement, il serait malhonnête de nier ce que le tourisme apporte. Pour de nombreuses régions, c'est une source d'emplois essentielle, souvent accessible à des personnes peu diplômées : serveurs, guides, hôteliers, artisans. Il apporte aussi des ressources pour restaurer des monuments, entretenir des musées ou protéger des sites naturels qui, sans ces visiteurs, seraient peut-être abandonnés. Voyager est enfin un droit culturel précieux : découvrir un autre pays élargit l'esprit et favorise la compréhension entre les peuples. Restreindre cet accès, c'est donc prendre le risque de réserver la découverte du monde à une petite élite. Deuxièmement, quand le nombre de visiteurs dépasse la capacité d'accueil d'un lieu, les inconvénients deviennent considérables. Les plateformes de location de courte durée transforment des logements en hébergements pour touristes, ce qui fait grimper les loyers et chasse les familles du centre. Le boulanger ou le libraire ferment car leur clientèle d'habitants disparaît, et la ville se vide de sa vie propre pour devenir un décor. À cela s'ajoutent la pollution des bateaux de croisière, les déchets, la consommation d'eau, qui peut devenir critique en période de sécheresse, et la dégradation des sites fragiles. Paradoxalement, le tourisme finit alors par détruire ce qui faisait l'attrait de la destination : son authenticité. Troisièmement, voici mon point de vue. Je ne crois ni à l'interdiction, ni au laisser-faire total. Il me semblerait judicieux de réguler les flux plutôt que de les bloquer : limiter le nombre de visiteurs par jour dans les sites les plus fragiles, étaler les arrivées sur toute l'année pour éviter les pics de l'été, et encourager les séjours plus longs, qui rapportent davantage et pèsent moins sur l'environnement que les excursions d'une journée. Une taxe de séjour, dont le produit serait réellement consacré au logement des habitants, aux transports et à la propreté, me paraît aussi légitime : il est normal que ceux qui profitent d'un lieu participent à son entretien. Enfin, il faut limiter les locations touristiques de courte durée dans les quartiers où le logement manque. On pourrait m'opposer qu'une taxe ou un quota rendent le voyage plus cher et donc moins accessible. C'est une réserve importante. Je répondrais que le montant peut être modulé, avec des tarifs réduits pour les jeunes ou les familles modestes, et que l'accès à un site fragile n'est un droit que si le site survit. Mieux vaut un accès régulé qu'un lieu détruit pour tout le monde. Pour conclure, je pense que le tourisme n'est ni un fléau ni une bénédiction : tout dépend de la façon dont il est organisé. Et moi-même, quand je voyage, je me demande désormais si ma présence apporte quelque chose à l'endroit que je visite ou si je ne fais que le consommer. C'est une question que chaque voyageur pourrait se poser. Je vous remercie de votre attention.
English
Hello. The document I am going to present describes a situation seen in more and more tourist destinations: the residents of a very busy coastal city have demonstrated against the influx of visitors. They denounce rising rents, the disappearance of local shops replaced by souvenir boutiques, overcrowded beaches and pressure on water. Yet tourism accounts for nearly a quarter of the region's jobs and funds the upkeep of heritage. The municipality is therefore considering a visitor quota and an entry tax, which some professionals regard as an infringement of the freedom to travel. The text adds an enlightening detail: day visitors are the most numerous, spend the least and produce the most waste. The problem raised is this: can a city remain a place to live for its inhabitants while being a highly sought-after tourist product? And, more broadly, who should decide how a space is used when it belongs at once to its residents, its visitors and collective memory? I will proceed in three stages: first the benefits of tourism, then its costs, and finally the solutions that seem reasonable to me. First, it would be dishonest to deny what tourism brings. For many regions it is an essential source of jobs, often accessible to people with few qualifications: waiters, guides, hoteliers, craftspeople. It also provides resources to restore monuments, maintain museums or protect natural sites that, without these visitors, might be abandoned. Finally, travel is a precious cultural right: discovering another country broadens the mind and fosters understanding between peoples. Restricting this access therefore risks reserving the discovery of the world for a small elite. Second, when the number of visitors exceeds a place's capacity, the drawbacks become considerable. Short-term rental platforms turn homes into tourist accommodation, which pushes up rents and drives families out of the centre. The baker or the bookseller close because their resident customers disappear, and the city is emptied of its own life and becomes a set. Added to this are pollution from cruise ships, waste, water consumption, which can become critical during droughts, and the degradation of fragile sites. Paradoxically, tourism ends up destroying what made the destination attractive: its authenticity. Third, here is my point of view. I believe neither in prohibition nor in total laissez-faire. It would seem sensible to me to regulate flows rather than block them: limit the number of daily visitors at the most fragile sites, spread arrivals across the whole year to avoid summer peaks, and encourage longer stays, which bring in more and weigh less on the environment than day trips. A tourist tax, the proceeds of which would genuinely go to housing for residents, transport and cleanliness, also seems legitimate to me: it is normal that those who enjoy a place contribute to its upkeep. Finally, short-term tourist rentals must be limited in neighbourhoods where housing is scarce. One could counter that a tax or a quota makes travel more expensive and therefore less accessible. That is an important reservation. I would reply that the amount can be adjusted, with reduced rates for young people or low-income families, and that access to a fragile site is only a right if the site survives. Better regulated access than a place destroyed for everyone. To conclude, I think tourism is neither a scourge nor a blessing: everything depends on how it is organised. And I myself, when I travel, now ask whether my presence brings something to the place I am visiting or whether I am merely consuming it. It is a question every traveller could ask. Thank you for your attention.