Objectif Français
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Entraînement oral DELF B2 — Sujet 15

Gaspillage alimentaire : qui est responsable ?

Dans les pays riches, près d'un tiers de la nourriture produite n'est jamais consommée. Les ménages jettent des produits encore comestibles, parfois à cause d'une date limite mal comprise, tandis que les supermarchés écartent des fruits et légumes jugés trop laids ou trop calibrés. Plusieurs pays ont adopté des lois obligeant les grandes surfaces à donner leurs invendus à des associations, et des applications permettent désormais d'acheter à prix réduit les paniers de fin de journée. Des experts préviennent pourtant que ces initiatives ne s'attaquent pas à la cause du problème : une production et une distribution organisées pour que les rayons soient toujours pleins, à tout moment. Dégagez le problème soulevé par ce document et donnez votre point de vue.

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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
  • le gaspillage alimentaire

    food waste

  • les invendus

    unsold items

  • la date limite de consommation

    use-by date

  • la grande distribution

    supermarket chains

  • une association caritative

    a charity

  • la surproduction

    overproduction

  • s'attaquer à la racine du problème

    to tackle the root of the problem

  • sensibiliser

    to raise awareness

  • par ailleurs

    moreover

  • il s'agit moins de... que de...

    it is less a matter of... than of...

TipsStructure, register and traps to avoid.View
  • Clearly distinguish the actors (households, shops, producers) and avoid blaming only one. The problem question can be: who must change first, and how?
  • Plan idea: (1) the scale and causes, (2) the limits of current solutions (donations, apps), (3) deeper measures. Keep each part focused on one main idea with an example.
  • A good nuance: donating unsold food is useful for people in need, but it can hide the real issue of overproduction. Show that you see both sides.
  • Prefer concrete examples from daily life (a fridge, a half-eaten loaf, a bent carrot) to abstract statements; use 'on' and 'nous' to sound natural but stay formal.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View

French

Bonjour. Le document que j'ai choisi traite du gaspillage alimentaire dans les pays riches. Il nous apprend qu'environ un tiers de la nourriture produite n'est jamais mangé. Les ménages jettent des produits encore consommables, parfois parce qu'ils comprennent mal les dates limites, et les supermarchés écartent des fruits et des légumes jugés trop laids ou trop irréguliers. Plusieurs États ont réagi en obligeant les grandes surfaces à donner leurs invendus à des associations, et des applications permettent d'acheter à prix réduit les paniers de fin de journée. Mais des experts avertissent que ces initiatives ne s'attaquent pas à la cause profonde : un système de production et de distribution conçu pour que les rayons soient toujours pleins. La question posée est donc celle-ci : à qui revient la responsabilité de ce gaspillage, et les solutions actuelles suffisent-elles, ou ne font-elles que soigner les symptômes ? Je vous présenterai d'abord l'ampleur et les causes du phénomène, puis les limites des solutions actuelles, avant de proposer des mesures plus profondes. Pour commencer, le gaspillage se produit à toutes les étapes. Dans les champs, une partie de la récolte n'est jamais ramassée parce qu'elle ne correspond pas aux critères de taille ou d'aspect imposés par les distributeurs. Dans les magasins, on prévoit volontairement des stocks importants, car un rayon vide fait fuir les clients. Et chez nous, dans nos cuisines, on achète trop, on oublie ce qui est au fond du réfrigérateur, on confond la date de durabilité minimale avec une date de péremption dangereuse. Au total, chacun a sa part de responsabilité, mais ce n'est pas la même partie du problème : un ménage jette quelques kilos par an, alors qu'un seul entrepôt peut en jeter des tonnes en une semaine. Ensuite, les solutions mises en place sont utiles mais insuffisantes. Obliger les supermarchés à donner leurs invendus permet de nourrir des personnes en difficulté, ce qui est précieux dans un contexte où de plus en plus de familles ont recours à l'aide alimentaire. Les applications de paniers anti-gaspillage permettent à des étudiants ou à des retraités de faire des économies tout en évitant de jeter. Mais on peut y voir un effet pervers : si les surplus sont distribués, le gaspillage devient moins coupable aux yeux des distributeurs, et ils n'ont plus de raison de produire ou de commander moins. Autrement dit, il s'agit moins de gérer le surplus que d'éviter qu'il existe. C'est ce que disent les experts cités dans le document, et je partage leur analyse. À mon avis, il faut donc agir à la racine. Premièrement, l'éducation : apprendre dès l'école à cuisiner les restes, à planifier ses courses et à distinguer les deux types de dates figurant sur les emballages. Deuxièmement, la réglementation : autoriser et même encourager la vente de produits au look imparfait, interdire de détruire des aliments encore comestibles, et obliger les grandes enseignes à publier leurs chiffres de gaspillage, car ce qui est mesuré est plus facilement réduit. Troisièmement, l'organisation des rayons : les distributeurs pourraient accepter de ne pas tout proposer en permanence, et les consommateurs, de leur côté, pourraient accepter de trouver parfois un étal moins garni, ce qui montre bien que la responsabilité est partagée. On pourrait objecter que ces mesures coûteraient cher aux entreprises, et que le prix serait répercuté sur les clients. C'est possible à court terme. Mais gaspiller coûte déjà cher, à tout le monde : une famille moyenne jette chaque année l'équivalent de plusieurs centaines d'euros de nourriture. Réduire ce gaspillage est donc l'un des rares combats où l'intérêt écologique et l'intérêt économique vont dans la même direction. Pour conclure, je dirais que le gaspillage alimentaire n'est pas une fatalité, mais le résultat de choix collectifs, de la production à l'assiette. Les dons et les applications sont de bonnes choses, mais ils ne doivent pas servir d'alibi. C'est à tous les niveaux qu'il faut changer nos habitudes, en commençant, peut-être, par ouvrir notre propre réfrigérateur. Je vous remercie et je suis à votre écoute pour la suite.

English

Hello. The document I have chosen deals with food waste in rich countries. It tells us that about a third of the food produced is never eaten. Households throw away products that are still edible, sometimes because they misunderstand expiry dates, and supermarkets discard fruit and vegetables judged too ugly or too irregular. Several states have reacted by obliging large stores to give their unsold goods to charities, and apps make it possible to buy end-of-day baskets at reduced prices. But experts warn that these initiatives do not tackle the underlying cause: a system of production and distribution designed so that the shelves are always full. The question raised is therefore this: who is responsible for this waste, and are the current solutions enough, or do they merely treat the symptoms? I will first present the scale and causes of the phenomenon, then the limits of the current solutions, before proposing deeper measures. To begin with, waste occurs at every stage. In the fields, part of the harvest is never picked because it does not match the size or appearance criteria imposed by distributors. In shops, large stocks are deliberately planned, because an empty shelf drives customers away. And at home, in our kitchens, we buy too much, we forget what is at the back of the fridge, we confuse the best-before date with a dangerous expiry date. In total, everyone bears some responsibility, but not for the same part of the problem: a household throws away a few kilos a year, whereas a single warehouse can throw away tonnes in a week. Next, the solutions put in place are useful but insufficient. Obliging supermarkets to give away unsold goods makes it possible to feed people in difficulty, which is precious at a time when more and more families rely on food aid. Anti-waste basket apps allow students or retirees to save money while avoiding waste. But one can see a perverse effect: if surpluses are distributed, waste becomes less blameworthy in the eyes of distributors, and they no longer have a reason to produce or order less. In other words, it is less a matter of managing the surplus than of preventing it from existing. This is what the experts quoted in the document say, and I share their analysis. In my view, we must therefore act at the root. First, education: learning from school age to cook leftovers, plan shopping and distinguish the two types of dates on packaging. Second, regulation: allowing and even encouraging the sale of imperfect-looking products, banning the destruction of still-edible food, and requiring large chains to publish their waste figures, because what is measured is more easily reduced. Third, the organisation of shelves: distributors could agree not to offer everything at all times, and consumers, for their part, could accept finding a less-stocked display from time to time, which shows that responsibility is shared. One could object that these measures would cost companies a lot, and that the price would be passed on to customers. That is possible in the short term. But wasting already costs everyone dearly: an average family throws away the equivalent of several hundred euros of food every year. Reducing this waste is therefore one of the rare battles where the ecological interest and the economic interest point in the same direction. To conclude, I would say that food waste is not inevitable, but the result of collective choices, from production to plate. Donations and apps are good things, but they must not serve as an alibi. Habits must change at every level, starting, perhaps, by opening our own fridge. Thank you, and I am listening for what comes next.