Entraînement oral DELF B2 — Sujet 16
Faut-il interdire les vols courts ?
Un gouvernement envisage d'interdire les vols intérieurs lorsqu'une liaison ferroviaire de moins de trois heures existe sur le même trajet. Selon les écologistes, un voyage en avion émet plusieurs dizaines de fois plus de gaz à effet de serre que le même trajet en train. Les compagnies aériennes répondent que ces vols représentent une part minime des émissions mondiales et qu'ils alimentent les grandes plateformes de correspondance. De leur côté, les voyageurs pointent le prix élevé de certains billets de train et le manque de lignes directes dans les régions éloignées. Un sondage montre que la majorité des citoyens approuvent l'interdiction, mais qu'un quart d'entre eux reconnaissent avoir pris l'avion sur un tel trajet l'an dernier. Dégagez le problème soulevé par ce document et donnez votre point de vue.
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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
les vols intérieurs
domestic flights
la liaison ferroviaire
rail link
les émissions de gaz à effet de serre
greenhouse gas emissions
le kérosène
jet fuel
une mesure symbolique
a symbolic measure
la correspondance
connecting flight
désenclavé
well connected (not isolated)
interdire / sanctionner
to ban / to penalise
certes
admittedly
à condition que
provided that
TipsStructure, register and traps to avoid.View
- Distinguish the effectiveness of the measure (how much carbon it saves) from its symbolism and its fairness. The problem may be that a small measure is politically powerful but socially tricky.
- Plan: (1) why the measure seems logical, (2) its limits and unfairness, (3) your conditions for making it work. Always propose, not just criticise.
- Handle the 'hypocrisy' point from the survey with humour or nuance: people support an ideal but resist personal change. This is human, not a reason to reject the law.
- Use the subjunctive after 'il faut que' and 'bien que'. Avoid exaggerated claims such as 'planes destroy the planet'; precise and moderate language sounds more credible.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View
French
Bonjour. Le document que je vais vous présenter concerne un projet de loi visant à interdire les vols intérieurs dès lors qu'un train permet de faire le même trajet en moins de trois heures. Les écologistes rappellent qu'un voyage en avion émet beaucoup plus de gaz à effet de serre que le même trajet en train. Les compagnies aériennes répondent que ces vols pèsent peu dans les émissions mondiales et qu'ils alimentent les grands aéroports de correspondance. Les voyageurs, eux, soulignent que certains billets de train sont chers et que des régions éloignées sont mal desservies. Enfin, un sondage révèle un paradoxe : la majorité des gens approuve l'interdiction, mais un quart avoue avoir pris l'avion sur un tel trajet l'an dernier. La question qui se pose est la suivante : une interdiction ciblée sur les vols courts est-elle une réponse efficace et juste à la crise climatique, ou seulement un geste symbolique qui fait porter l'effort sur les voyageurs ordinaires ? Je développerai d'abord la logique de cette mesure, puis ses limites, avant de préciser les conditions dans lesquelles elle me paraît acceptable. Premièrement, sur le principe, l'argument est solide. Quand une alternative beaucoup moins polluante existe déjà, continuer à utiliser l'avion revient à choisir la solution la plus coûteuse pour le climat sans véritable nécessité. Le train est confortable, il emmène de centre-ville à centre-ville, il évite les contrôles de sécurité, et sur un trajet de trois heures il est souvent presque aussi rapide que l'avion si l'on compte l'accès à l'aéroport. De plus, une interdiction envoie un signal clair : si l'on veut réduire les émissions de transport, il faut accepter de renoncer à certaines habitudes. Les incitations seules, comme les campagnes de sensibilisation, ont montré leurs limites, comme le prouve le sondage. Deuxièmement, cette mesure a des limites sérieuses. D'abord, elle est modeste : ces vols représentent une petite fraction des émissions de l'aviation, et l'impact serait bien plus grand si l'on s'attaquait aux vols long-courriers ou aux jets privés. Ensuite, elle est inégale. Si le billet de train coûte deux fois plus cher que celui de l'avion, comme c'est parfois le cas, on oblige les familles modestes à payer plus pour voyager, alors que les plus aisés trouveront d'autres solutions. Enfin, dans les régions mal desservies, une correspondance ferroviaire compliquée peut doubler le temps de trajet, et certains voyageurs risquent de choisir la voiture, ce qui serait pire pour le climat. C'est pourquoi je défends une position nuancée. Je suis favorable à l'interdiction, à condition que plusieurs conditions soient réunies. Il faut que l'offre ferroviaire soit réellement compétitive, avec des fréquences suffisantes, des correspondances fiables et des tarifs abordables, par exemple grâce à des réductions pour les jeunes ou les familles. Il faut aussi que la mesure s'inscrive dans une politique plus large, incluant une fiscalité plus juste sur le kérosène, qui est aujourd'hui souvent exonéré, et des règles pour les vols privés. Et il faut prévoir des exceptions pour les territoires isolés, les personnes handicapées ou les trajets d'urgence. Sans cela, la mesure serait perçue comme une punition, et une politique perçue comme injuste finit souvent par être abandonnée. On m'objectera que cela revient à restreindre la liberté de choix des citoyens. C'est vrai, mais toutes les politiques environnementales limitent une liberté pour en protéger une autre, celle de vivre dans un climat stable. La question est de savoir si cette limite est proportionnée, et sur un trajet que le train couvre rapidement, je pense qu'elle l'est. Pour conclure, interdire les vols courts ne sauvera pas le climat à elle seule, mais cela peut devenir un premier pas utile à deux conditions : améliorer d'abord les trains et ne pas faire payer la transition aux moins favorisés. Je vous remercie de votre attention et je reste disponible pour répondre à vos questions.
English
Hello. The document I am going to present concerns a bill aiming to ban domestic flights whenever a train can cover the same route in under three hours. Environmentalists point out that a plane journey emits far more greenhouse gases than the same journey by train. Airlines reply that these flights weigh little in global emissions and that they feed the large hub airports. Travellers, for their part, stress that some train tickets are expensive and that remote regions are poorly served. Finally, a survey reveals a paradox: the majority of people approve of the ban, but a quarter admit to having flown on such a route last year. The question that arises is this: is a ban targeted at short flights an effective and fair response to the climate crisis, or merely a symbolic gesture that places the effort on ordinary travellers? I will first develop the logic of this measure, then its limits, before specifying the conditions under which it seems acceptable to me. First, in principle, the argument is solid. When a much less polluting alternative already exists, continuing to fly means choosing the option that is most costly for the climate without real necessity. The train is comfortable, it goes from city centre to city centre, it avoids security checks, and on a three-hour journey it is often almost as fast as the plane once access to the airport is counted. Moreover, a ban sends a clear signal: if we want to reduce transport emissions, we must accept giving up some habits. Incentives alone, such as awareness campaigns, have shown their limits, as the survey proves. Second, this measure has serious limits. First, it is modest: these flights represent a small fraction of aviation emissions, and the impact would be far greater if long-haul flights or private jets were targeted. Next, it is unequal. If the train ticket costs twice as much as the plane ticket, as is sometimes the case, low-income families are forced to pay more to travel, while the better-off will find other solutions. Finally, in poorly served regions, a complicated rail connection can double the journey time, and some travellers risk choosing the car, which would be worse for the climate. That is why I defend a nuanced position. I favour the ban, provided that several conditions are met. Rail supply must be genuinely competitive, with sufficient frequencies, reliable connections and affordable fares, for example through discounts for young people or families. The measure must also be part of a broader policy, including fairer taxation of jet fuel, which is today often exempt, and rules for private flights. And exceptions must be provided for isolated territories, disabled people or emergency journeys. Without this, the measure would be perceived as a punishment, and a policy perceived as unfair often ends up being abandoned. It will be objected that this amounts to restricting citizens' freedom of choice. That is true, but all environmental policies limit one freedom in order to protect another, that of living in a stable climate. The question is whether this limit is proportionate, and on a journey that the train covers quickly, I think it is. To conclude, banning short flights will not save the climate on its own, but it can become a useful first step on two conditions: improve the trains first and do not make the least fortunate pay for the transition. Thank you for your attention, and I remain available to answer your questions.