Entraînement oral DELF B2 — Sujet 18
Obsolescence programmée : stratégie ou mythe ?
Un smartphone sur trois est remplacé alors qu'il fonctionne encore, selon une association de consommateurs. Les fabricants rendent parfois les batteries impossibles à changer, cessent les mises à jour logicielles après quelques années ou utilisent des pièces collées plutôt que vissées. Ils se défendent en expliquant que les appareils deviennent plus fins, plus puissants et plus étanches, et que les clients eux-mêmes réclament les dernières nouveautés. Plusieurs pays ont créé un délit d'obsolescence programmée, passible d'amendes, mais les enquêtes aboutissent rarement faute de preuves. Pendant ce temps, les déchets électroniques sont la catégorie de déchets qui augmente le plus vite dans le monde. Dégagez le problème soulevé par ce document et donnez votre point de vue.
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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
l'obsolescence programmée
planned obsolescence
les déchets électroniques
electronic waste
la durée de vie
lifespan
la garantie légale
legal warranty
les mises à jour logicielles
software updates
une pièce détachée
a spare part
un fabricant
a manufacturer
jeter
to throw away
on peut soupçonner que
one may suspect that
en dépit de
despite
TipsStructure, register and traps to avoid.View
- Keep a clear distinction between facts (batteries glued, updates stopped) and intentions (deliberate plan to make products fail). Showing this nuance proves critical thinking.
- State the problem: who is responsible for short product lifespans, the industry, the consumer or both, and what can be done? Then announce two or three parts.
- Give personal and concrete examples: a phone that slowed after an update, a washing machine repaired for a small price. Examples make your speech lively.
- Conclude with proposals rather than only criticism: longer warranties, repairability scores, right to repair, and a change in our own buying habits.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View
French
Bonjour. Le document que j'ai choisi aborde la question de l'obsolescence programmée. Il nous apprend qu'un smartphone sur trois est remplacé alors qu'il fonctionne encore. Il reproche à certains fabricants de rendre les batteries impossibles à changer, d'arrêter les mises à jour après quelques années ou de coller les pièces au lieu de les visser. Les fabricants se défendent en expliquant que les appareils sont plus fins, plus puissants et plus étanches, et que les clients réclament eux-mêmes les dernières nouveautés. Plusieurs pays ont créé un délit d'obsolescence programmée, mais les procédures aboutissent rarement faute de preuves, et pendant ce temps, les déchets électroniques sont ceux qui augmentent le plus vite dans le monde. Le problème soulevé est donc le suivant : à qui revient la responsabilité de la durée de vie trop courte de nos appareils, à l'industrie qui les conçoit ou au consommateur qui les remplace, et comment y remédier ? Je commencerai par examiner la responsabilité des fabricants, puis celle des consommateurs, avant de présenter les solutions qui me semblent les plus efficaces. Tout d'abord, il y a des raisons sérieuses de soupçonner les fabricants. Quand une batterie est collée, quand la moindre réparation coûte presque le prix d'un appareil neuf, quand une mise à jour rend un téléphone plus lent après quelques années, on peut se demander s'il s'agit vraiment de hasard. Même si l'intention de faire tomber les produits en panne est difficile à prouver, le résultat est le même pour l'utilisateur : il est poussé à racheter. Il faut aussi tenir compte d'un modèle économique fondé sur le renouvellement : une entreprise qui vend un appareil qui dure dix ans vend moins que celle qui en vend un tous les trois ans. Le système n'encourage donc pas naturellement la durabilité. Cela dit, il serait injuste de rejeter toute la faute sur l'industrie. Nous, consommateurs, avons une part de responsabilité. Beaucoup d'entre nous changent de téléphone par envie plus que par nécessité, séduits par un appareil photo légèrement meilleur ou par la pression sociale. Les publicités sont efficaces parce qu'elles exploitent un désir bien réel de nouveauté. Et nous réclamons des produits toujours moins chers, ce qui pousse les fabricants à réduire les coûts, notamment sur la qualité des composants. En ce sens, on peut dire que l'obsolescence est en partie un phénomène psychologique et culturel, pas seulement technique. Quelle est alors la meilleure réponse ? À mon avis, elle doit combiner la réglementation et la responsabilité individuelle. Du côté des pouvoirs publics, il faut allonger la durée de garantie légale, obliger les fabricants à fournir des pièces détachées et des mises à jour pendant une période minimale, et rendre obligatoire un indice de réparabilité clairement affiché sur chaque produit, comme cela existe déjà dans certains pays. Il faudrait aussi faciliter la preuve en inversant la charge : c'est au fabricant de montrer que ses produits sont conçus pour durer. Du côté des consommateurs, nous pouvons choisir des marques plus durables, faire réparer plutôt que remplacer, acheter d'occasion et résister à l'envie de suivre chaque nouveau modèle. Une objection est possible : allonger la durée de vie des appareils pourrait réduire les ventes et donc supprimer des emplois dans l'industrie. Je pense toutefois que l'on peut compenser cela en développant les emplois de réparation, qui sont locaux et non délocalisables, et en faisant évoluer les entreprises vers des services, par exemple la location ou l'entretien. Les produits durables ont aussi tendance à se vendre plus cher, ce qui protège les marges. Pour conclure, l'obsolescence programmée est à la fois un problème de conception et un problème de mentalité. Tant que nous considérerons les objets comme jetables, nous aurons des fabricants pour en produire. Il est temps de repenser nos achats et d'exiger des produits qui durent. Je vous remercie de votre attention et je suis prêt à répondre à vos questions.
English
Hello. The document I have chosen addresses the question of planned obsolescence. It tells us that one smartphone in three is replaced while it still works. It blames some manufacturers for making batteries impossible to change, stopping updates after a few years or gluing parts instead of screwing them. Manufacturers defend themselves by explaining that devices are thinner, more powerful and more waterproof, and that customers themselves demand the latest novelties. Several countries have created an offence of planned obsolescence, but proceedings rarely succeed for lack of evidence, and meanwhile electronic waste is the fastest-growing category of waste in the world. The problem raised is therefore this: who is responsible for the too-short lifespan of our devices, the industry that designs them or the consumer who replaces them, and how can it be remedied? I will begin by examining the manufacturers' responsibility, then that of consumers, before presenting the solutions that seem to me most effective. First of all, there are serious reasons to suspect manufacturers. When a battery is glued in, when the slightest repair costs almost the price of a new device, when an update makes a phone slower after a few years, one may wonder whether it is really chance. Even if the intention to make products fail is hard to prove, the result is the same for the user: he is pushed to buy again. We must also take into account an economic model based on renewal: a company that sells a device lasting ten years sells less than one that sells a device every three years. The system therefore does not naturally encourage durability. That said, it would be unfair to put all the blame on industry. We consumers bear some responsibility. Many of us change phones out of desire more than need, attracted by a slightly better camera or by social pressure. Advertisements are effective because they exploit a very real desire for novelty. And we demand ever cheaper products, which pushes manufacturers to cut costs, particularly on component quality. In this sense, one can say that obsolescence is partly a psychological and cultural phenomenon, not only a technical one. What is the best response, then? In my view, it must combine regulation and individual responsibility. On the side of public authorities, we need to extend the legal warranty period, oblige manufacturers to supply spare parts and updates for a minimum period, and make a repairability index clearly displayed on every product mandatory, as already exists in some countries. We should also make proof easier by reversing the burden: it is for the manufacturer to show that its products are designed to last. On the consumers' side, we can choose more durable brands, have things repaired rather than replaced, buy second-hand, and resist the urge to follow every new model. An objection is possible: extending the lifespan of devices could reduce sales and therefore eliminate jobs in industry. I think, however, that this can be offset by developing repair jobs, which are local and cannot be offshored, and by moving companies towards services, such as rental or maintenance. Durable products also tend to sell at a higher price, which protects margins. To conclude, planned obsolescence is both a design problem and a mindset problem. As long as we regard objects as disposable, there will be manufacturers to produce them. It is time to rethink our purchases and demand products that last. Thank you for your attention, and I am ready to answer your questions.