Entraînement oral DELF B2 — Sujet 2
Faut-il supprimer les devoirs à la maison ?
Une école primaire et un collège voisins ont décidé de supprimer les devoirs écrits à la maison pendant un trimestre. Les enseignants ont remplacé ce travail par des séances d'étude encadrées sur place, à la fin des cours. Selon la direction, les élèves arrivent moins fatigués le matin et les tensions familiales autour du soir ont nettement diminué. Plusieurs parents se disent soulagés, car ils ne se sentent pas toujours capables d'aider leurs enfants. D'autres craignent au contraire que leurs enfants ne perdent l'habitude de travailler seuls, et que les écarts entre les familles qui peuvent payer des cours particuliers et les autres ne s'accentuent. Dégagez le problème soulevé par ce document et donnez votre point de vue.
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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
les devoirs
homework
les inégalités sociales
social inequalities
le soutien scolaire
private tutoring
l'autonomie
independence
la charge de travail
workload
renforcer les acquis
to consolidate what was learned
sur le plan
as regards
par ailleurs
moreover
certes... mais
admittedly... but
un compromis
a compromise
TipsStructure, register and traps to avoid.View
- Introduce the document precisely: who decided what, for how long, and which reactions are reported.
- Link each argument to a different level (child, family, society) so that your plan sounds structured and not repetitive.
- Give a concrete example from your own country or school experience; examiners appreciate personal and cultural comparisons.
- Show nuance in the conclusion: a middle solution (shorter homework, supervised study) sounds more credible than an absolute answer.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View
French
Le document que je vais présenter décrit une expérience menée par une école primaire et un collège voisins, qui ont supprimé pendant un trimestre les devoirs écrits à la maison. À la place, les élèves participent à des séances d'étude encadrées à la fin de la journée. D'après la direction, les enfants sont moins fatigués et les tensions familiales ont diminué. Les parents sont partagés : certains sont soulagés, d'autres craignent une perte de l'habitude de travailler seul et un creusement des inégalités avec les familles qui paient des cours particuliers. La problématique est donc la suivante : faut-il supprimer les devoirs à la maison au nom du bien-être et de l'égalité, ou sont-ils nécessaires pour que l'élève apprenne à travailler seul et progresse réellement ? Mon point de vue est nuancé. Je pense qu'on ne peut pas supprimer complètement le travail personnel, mais qu'on doit le repenser, le raccourcir et, autant que possible, le faire à l'école. Je m'appuierai sur trois arguments. D'abord, sur le plan de la justice sociale, les devoirs à la maison sont problématiques. Un enfant dont les parents sont diplômés, disposent d'une chambre calme et d'un accès à internet travaille dans de bonnes conditions. Un autre, qui partage sa chambre avec ses frères et dont les parents travaillent tard, est livré à lui-même. Le même exercice mesure alors le milieu familial plutôt que les capacités de l'élève. Les séances encadrées à l'école corrigent en partie cette injustice, ce qui est un vrai progrès. Ensuite, il y a la question de la fatigue et de l'équilibre de vie. Un enfant passe déjà six ou sept heures en classe, et il est difficile de lui demander d'en travailler encore deux le soir. Plusieurs études montrent que le sommeil, le sport et les loisirs sont indispensables à la mémorisation et à la motivation. En Finlande, par exemple, les élèves ont peu de devoirs et obtiennent pourtant d'excellents résultats. Cela prouve que la quantité de travail à la maison n'est pas le seul facteur de réussite. Enfin, il ne faut pas négliger l'apprentissage de l'autonomie. Réviser une leçon, organiser son temps, s'imposer une discipline : ce sont des compétences que l'on ne développe que par la pratique, et dont les études supérieures ou la vie professionnelle auront besoin. Un étudiant qui n'a jamais travaillé seul sera désemparé à l'université, où personne ne contrôle le travail. Il me semble donc que quelques devoirs courts, bien ciblés, restent utiles, par exemple lire un texte ou relire une leçon pendant vingt minutes. Un exemple m'a marqué : une enseignante que je connais a remplacé les exercices du soir par une courte tâche de lecture et un seul problème à préparer. Les élèves l'ont fait sérieusement, parce que la charge était raisonnable et que le but était clair. Cette expérience montre que la qualité du travail demandé compte davantage que sa quantité, et qu'un devoir bien pensé motive plus qu'une longue liste d'exercices mécaniques. On pourrait objecter que les séances d'étude à l'école ne font que déplacer le problème et rallongent la journée. C'est une critique légitime. Cependant, si ces séances sont encadrées par des adultes qui aident vraiment les élèves en difficulté, elles ont l'avantage de réduire les écarts, ce que les devoirs à la maison ne font jamais. Il suffirait de les organiser de façon souple, avec des activités variées, et de ne pas les transformer en une simple heure de garderie. Pour conclure, je dirais qu'il ne s'agit pas de choisir entre tout ou rien. Les devoirs écrits longs et répétitifs me paraissent peu utiles et injustes, tandis qu'un travail personnel léger et régulier aide à devenir autonome. Je souhaiterais donc que les établissements adoptent un compromis : peu de devoirs à la maison, des temps d'étude accompagnés sur place, et un dialogue permanent avec les familles pour ajuster le dispositif en fonction des besoins réels des enfants.
English
The document I am going to present describes an experiment carried out by a primary school and a neighbouring middle school, which abolished written homework for one term. Instead, pupils attend supervised study sessions at the end of the day. According to the management, children are less tired and family tensions have decreased. Parents are divided: some are relieved, others fear a loss of the habit of working alone and a widening of inequalities with families who pay for private tutoring. The problem is therefore the following: should homework be abolished in the name of well-being and equality, or is it necessary for pupils to learn to work alone and truly progress? My view is nuanced. I think personal work cannot be completely eliminated, but it must be rethought, shortened and, as far as possible, done at school. I will rely on three arguments. First, in terms of social justice, homework is problematic. A child whose parents are graduates, with a quiet room and internet access, works in good conditions. Another, who shares a room with brothers and whose parents work late, is left to fend for themselves. The same exercise then measures family background rather than the pupil's abilities. Supervised sessions at school partly correct this injustice, which is real progress. Next, there is the question of fatigue and life balance. A child already spends six or seven hours in class, and it is hard to ask them to work two more in the evening. Several studies show that sleep, sport and leisure are essential for memorisation and motivation. In Finland, for example, pupils have little homework and yet achieve excellent results. This proves that the amount of work at home is not the only factor of success. Finally, we must not neglect learning independence. Revising a lesson, organising one's time, imposing discipline on oneself: these are skills developed only through practice, and which higher education or working life will require. A student who has never worked alone will be at a loss at university, where no one checks the work. It therefore seems to me that a few short, well-targeted assignments remain useful, for example reading a text or re-reading a lesson for twenty minutes. One example struck me: a teacher I know replaced evening exercises with a short reading task and a single problem to prepare. Pupils did it seriously, because the load was reasonable and the aim was clear. This experience shows that the quality of the work requested matters more than its quantity, and that a well-designed assignment motivates more than a long list of mechanical exercises. One could object that study sessions at school merely move the problem and lengthen the day. This is a legitimate criticism. However, if these sessions are supervised by adults who truly help struggling pupils, they have the advantage of reducing gaps, which homework never does. It would be enough to organise them flexibly, with varied activities, and not turn them into a mere hour of childcare. To conclude, I would say that it is not a matter of choosing all or nothing. Long and repetitive written homework seems to me of little use and unfair, whereas light and regular personal work helps one become independent. I would therefore like schools to adopt a compromise: little homework at home, supervised study time on site, and constant dialogue with families to adjust the system according to children's real needs.