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Entraînement oral DELF B2 — Sujet 22

Télétravail : liberté ou isolement ?

Selon une enquête menée auprès de quatre mille salariés, six sur dix souhaitent conserver au moins deux jours de télétravail par semaine. Ils évoquent le gain de temps sur les trajets, une meilleure concentration et la possibilité d'habiter loin des grandes villes. Pourtant, près d'un tiers des personnes interrogées déclarent se sentir isolées, avoir du mal à séparer leur vie privée de leur vie professionnelle et craindre d'être oubliées lors des promotions. Certains employeurs, de leur côté, constatent une baisse de la cohésion des équipes et réclament un retour au bureau. D'autres y voient au contraire une occasion de réduire leurs coûts immobiliers et de recruter des talents partout dans le pays. Les jeunes recrues, enfin, disent apprendre moins vite loin de leurs collègues. Dégagez le problème soulevé par ce document et donnez votre point de vue.

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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
  • le télétravail

    remote work

  • la formule hybride

    hybrid arrangement

  • la cohésion d'équipe

    team cohesion

  • le droit à la déconnexion

    right to disconnect

  • les trajets domicile-travail

    commuting

  • l'isolement

    isolation

  • l'autonomie

    autonomy

  • la revitalisation des territoires

    revitalising rural areas

  • à distance

    remotely

  • néanmoins

    nevertheless

TipsStructure, register and traps to avoid.View
  • Begin by summarising the survey in two or three sentences, then name the tension: employees want freedom, employers fear weaker teams.
  • Build a plan around three clear arguments with real-life examples (commuting time, rural areas, concentration) before conceding one objection.
  • Do not simply say 'it depends'. Take a position, for example in favour of a hybrid model, and justify it with conditions.
  • Use connectors to guide the examiner: tout d'abord, en outre, cependant, en définitive. They make a long monologue easy to follow.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View

French

Bonjour. Le document que j'ai choisi est un extrait d'enquête réalisée auprès de quatre mille salariés à propos du télétravail. Il en ressort que six personnes sur dix souhaitent garder au moins deux jours de travail à distance par semaine, notamment pour gagner du temps et mieux se concentrer. Pourtant, un tiers des répondants se sentent isolés et craignent d'être oubliés au moment des promotions, tandis que certains employeurs constatent un affaiblissement de la cohésion des équipes. Le texte met donc en lumière des attentes contradictoires et pose une question : le télétravail est-il un progrès durable ou un facteur d'isolement ? Pour dégager la problématique, je dirais que le télétravail bouscule l'organisation traditionnelle du travail, fondée sur la présence physique. Il s'agit de savoir comment profiter de la liberté qu'il offre sans perdre le lien social, la transmission des savoir-faire et l'égalité entre les salariés. Autrement dit, peut-on inventer une organisation qui satisfasse à la fois les employés et les entreprises ? Mon opinion est la suivante : le télétravail est un progrès réel, mais il doit rester partiel et encadré. Je défendrai trois arguments, puis j'évoquerai une objection. Premièrement, le télétravail améliore la qualité de vie et réduit l'impact environnemental. Une personne qui habite à une heure de son bureau perd deux heures par jour dans les transports, ce qui représente des semaines entières sur une année. Ce temps peut être consacré à la famille, au sommeil ou à des activités personnelles. De plus, moins de trajets signifie moins de pollution et moins de congestion. Beaucoup de parents témoignent qu'ils peuvent enfin être présents à la sortie de l'école sans sacrifier leur carrière. Deuxièmement, le télétravail favorise l'autonomie et la concentration. Dans un open space bruyant, les interruptions sont fréquentes, alors qu'à la maison un développeur informatique ou une rédactrice peut travailler plusieurs heures sans être dérangé. Les entreprises y gagnent en efficacité, parce qu'elles évaluent les résultats plutôt que le temps de présence. Cela encourage une culture de la confiance, qui est précieuse pour la motivation. Troisièmement, le télétravail peut redynamiser les territoires. Un salarié n'est plus obligé de vivre dans une métropole où les loyers sont élevés : il peut s'installer dans une petite ville ou à la campagne, où le coût de la vie est plus bas et où les commerces locaux ont besoin de nouveaux habitants. Les entreprises, de leur côté, accèdent à un vivier de talents beaucoup plus large, et les personnes en situation de handicap ou ayant des contraintes familiales trouvent plus facilement un emploi. Cependant, je reconnais que cette formule a des limites sérieuses. Le document le souligne : les jeunes recrues apprennent moins vite loin de leurs collègues, car une grande partie de la formation passe par l'observation et les conversations informelles. Par ailleurs, la frontière entre vie privée et vie professionnelle devient floue, et certains salariés travaillent plus longtemps qu'avant, sans s'en rendre compte. Enfin, le télétravail concerne surtout les cadres : une caissière ou un ouvrier ne peut pas travailler de chez lui, ce qui crée une inégalité entre les catégories professionnelles. C'est pourquoi je plaide pour une formule hybride, avec deux ou trois jours à distance, des jours de présence communs pour renforcer l'équipe, et un véritable droit à la déconnexion inscrit dans les accords d'entreprise. Il faudrait aussi prévoir un accompagnement particulier pour les nouveaux arrivants, qui devraient passer davantage de temps sur site au début de leur parcours. Quant aux métiers qui ne peuvent pas être exercés à distance, les employeurs pourraient compenser en proposant des horaires plus souples ou des avantages équivalents. Pour conclure, le télétravail n'est ni une solution miracle ni une menace : c'est un outil, dont la valeur dépend de la manière dont on l'utilise. Utilisé avec discernement, il peut améliorer la vie de millions de personnes et rendre l'économie plus durable. Mal encadré, il risque de fragiliser les liens humains qui font la force d'une entreprise. Je pense donc qu'il faut conserver ses avantages tout en protégeant ce qui fait la richesse du travail collectif.

English

Hello. The document I chose is an extract from a survey of four thousand employees about remote work. It shows that six people in ten wish to keep at least two days of remote work per week, in particular to save time and concentrate better. Yet a third of respondents feel isolated and fear being forgotten when promotions are decided, while some employers note a weakening of team cohesion. The text therefore highlights contradictory expectations and raises a question: is remote work a lasting step forward or a source of isolation? To identify the central issue, I would say that remote work shakes up the traditional organisation of work, which is based on physical presence. The point is to know how to benefit from the freedom it offers without losing social ties, the passing on of skills and equality between employees. In other words, can we invent an organisation that satisfies both employees and companies? My opinion is as follows: remote work is a real step forward, but it must remain partial and well regulated. I will defend three arguments, then mention one objection. Firstly, remote work improves quality of life and reduces environmental impact. A person who lives an hour from the office loses two hours a day in transport, which adds up to whole weeks over a year. That time can be devoted to family, sleep or personal activities. Moreover, fewer journeys mean less pollution and less congestion. Many parents say they can finally be there at the school gate without sacrificing their career. Secondly, remote work promotes autonomy and concentration. In a noisy open-plan office, interruptions are frequent, whereas at home a software developer or a copywriter can work for several hours without being disturbed. Companies gain in efficiency, because they assess results rather than time spent present. This encourages a culture of trust, which is valuable for motivation. Thirdly, remote work can revitalise rural areas. An employee is no longer obliged to live in a large city where rents are high: they can settle in a small town or in the countryside, where the cost of living is lower and where local shops need new residents. Companies, for their part, gain access to a much wider pool of talent, and people with disabilities or family constraints find it easier to get a job. However, I acknowledge that this arrangement has serious limits. The document stresses it: young recruits learn more slowly away from their colleagues, because a large part of training happens through observation and informal conversations. Moreover, the boundary between private and professional life becomes blurred, and some employees work longer than before without realising it. Finally, remote work mainly concerns managers and professionals: a cashier or a factory worker cannot work from home, which creates an inequality between occupational categories. That is why I argue for a hybrid arrangement, with two or three days remotely, shared office days to strengthen the team, and a genuine right to disconnect written into company agreements. Particular support should also be provided for newcomers, who should spend more time on site at the start of their career. As for jobs that cannot be done remotely, employers could compensate by offering more flexible hours or equivalent benefits. To conclude, remote work is neither a miracle solution nor a threat: it is a tool, whose value depends on the way it is used. Used wisely, it can improve the lives of millions of people and make the economy more sustainable. Poorly regulated, it risks weakening the human bonds that give a company its strength. I therefore think we should keep its advantages while protecting what makes collective work valuable.