Objectif Français
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Entraînement oral DELF B2 — Sujet 23

Revenu universel ou salaire minimum

Une ville de taille moyenne a testé pendant deux ans un revenu de base mensuel versé sans condition à mille deux cents habitants. Le bilan, présenté par des chercheurs, est nuancé. Les bénéficiaires déclarent moins de stress, certains ont repris des études ou créé une petite activité, et la plupart n'ont pas arrêté de travailler. En revanche, le coût du dispositif a représenté une part importante du budget municipal et les commerçants signalent une légère hausse des loyers. Les partisans du projet y voient un filet de sécurité face à la précarité et à l'automatisation. Ses opposants estiment qu'il vaut mieux relever le salaire minimum et renforcer les services publics, plutôt que de verser de l'argent à tous, y compris aux plus riches. Dégagez le problème soulevé par ce document et donnez votre point de vue.

Present the issue and your point of view, clearly and in an organised way (5 to 7 minutes).

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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
  • le revenu universel

    universal basic income

  • le salaire minimum

    minimum wage

  • la précarité

    financial insecurity

  • un filet de sécurité

    a safety net

  • sans condition

    unconditional

  • le pouvoir d'achat

    purchasing power

  • financer

    to fund

  • l'inflation

    inflation

  • les services publics

    public services

  • dans la mesure où

    insofar as

TipsStructure, register and traps to avoid.View
  • Present the experiment neutrally first (who, how long, results), then show that the real issue is how best to fight insecurity: cash for all or a higher wage floor.
  • Compare the two solutions fairly. A strong B2 answer gives arguments for your choice and recognises the strengths of the other one.
  • Use figures cautiously and only as examples (a percentage of the budget, a number of hours). Never invent precise statistics as facts.
  • Your conclusion can propose a middle path, such as targeted income support combined with a decent minimum wage, to show nuance.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View

French

Bonjour. Le document que je vais présenter décrit une expérience menée dans une ville de taille moyenne, où mille deux cents habitants ont reçu pendant deux ans un revenu de base mensuel, sans aucune condition. Les chercheurs constatent que les bénéficiaires sont moins stressés, que certains ont repris des études ou lancé une petite activité, et que la majorité n'a pas cessé de travailler. En revanche, le dispositif coûte cher à la municipalité et les commerçants signalent une légère hausse des loyers. Ses partisans y voient un filet de sécurité ; ses opposants préféreraient relever le salaire minimum et renforcer les services publics. La problématique est donc la suivante : pour lutter contre la précarité, vaut-il mieux garantir à chacun un revenu inconditionnel ou améliorer les revenus du travail par un salaire minimum plus élevé ? Derrière cette question, il y a une conception de la solidarité : doit-elle récompenser l'effort ou garantir à tous un socle de dignité ? À titre personnel, je pense que le revenu universel est une idée intéressante mais difficile à appliquer telle quelle. Je préférerais un système mixte. Je vais d'abord présenter les arguments en faveur du revenu de base, puis expliquer pourquoi je reste prudent. Mon premier argument est la sécurité. Aujourd'hui, de nombreux travailleurs vivent avec la peur de perdre leur emploi ou de ne pas pouvoir payer leur loyer. Un revenu régulier les protège des accidents de la vie : une maladie, un divorce, une faillite. L'expérience du document le montre, puisque les bénéficiaires déclarent moins de stress. Or une personne moins angoissée prend de meilleures décisions, soigne mieux sa santé et s'occupe davantage de ses enfants, ce qui profite à toute la société. Mon deuxième argument concerne la liberté de choix. Avec un revenu de base, un salarié peut refuser un emploi très mal payé ou dégradant, se former, ou créer son entreprise sans craindre de tout perdre. Je pense à une jeune femme qui voudrait ouvrir un atelier de couture : aujourd'hui, elle hésite parce qu'elle ne peut pas vivre plusieurs mois sans revenu. Le revenu universel réduit ce risque et peut donc stimuler l'initiative. C'est d'autant plus utile que l'automatisation fait disparaître certains métiers. Mon troisième argument est la simplicité. Notre système d'aides est un labyrinthe : formulaires nombreux, conditions complexes, et beaucoup de personnes qui n'osent pas demander ce à quoi elles ont droit. Un versement automatique réduirait l'administration et supprimerait la stigmatisation des bénéficiaires, qui ne seraient plus perçus comme des assistés. Cependant, je dois reconnaître plusieurs objections. D'abord, le coût : verser une somme suffisante à tous les habitants d'un pays exigerait soit des impôts très élevés, soit la suppression d'autres prestations. Ensuite, comme le signalent les commerçants dans le texte, il existe un risque d'inflation, notamment sur les loyers, qui annulerait une partie des bénéfices. Enfin, donner la même somme à un cadre aisé et à une personne en difficulté n'est pas le moyen le plus efficace de réduire les inégalités : l'argent public est limité et doit aller en priorité à ceux qui en ont le plus besoin. Pour ces raisons, je soutiens plutôt un salaire minimum décent, accompagné d'un revenu garanti ciblé pour les personnes en situation de précarité et d'investissements massifs dans le logement, la santé et l'éducation. Le salaire minimum a lui aussi ses limites, car s'il est trop élevé, il peut freiner l'embauche dans les petites entreprises ; il faut donc l'ajuster progressivement, en dialogue avec les partenaires sociaux. Mais il conserve une valeur symbolique forte : le travail doit permettre de vivre dignement. En conclusion, l'expérience décrite par le document ne tranche pas le débat, mais elle montre qu'un soutien financier stable peut réduire l'angoisse sans décourager l'activité. Je pense que l'avenir est dans une combinaison de solutions plutôt que dans un choix exclusif, et que la vraie question n'est pas seulement combien d'argent verser, mais quelle société nous voulons construire.

English

Hello. The document I am going to present describes an experiment carried out in a medium-sized town, where one thousand two hundred residents received a monthly basic income for two years, with no conditions attached. The researchers note that beneficiaries are less stressed, that some went back to study or started a small business, and that the majority did not stop working. On the other hand, the scheme is expensive for the municipality and shopkeepers report a slight rise in rents. Its supporters see it as a safety net; its opponents would prefer to raise the minimum wage and strengthen public services. The central question is therefore the following: to fight insecurity, is it better to guarantee everyone an unconditional income or to improve earnings from work through a higher minimum wage? Behind this question lies a conception of solidarity: should it reward effort or guarantee everyone a foundation of dignity? Personally, I think universal basic income is an interesting idea but difficult to apply as it stands. I would prefer a mixed system. I will first present the arguments in favour of a basic income, then explain why I remain cautious. My first argument is security. Today, many workers live in fear of losing their job or of being unable to pay their rent. A regular income protects them from life's accidents: illness, divorce, bankruptcy. The experiment in the document shows it, since beneficiaries report less stress. Now, a less anxious person makes better decisions, looks after their health better and spends more time with their children, which benefits society as a whole. My second argument concerns freedom of choice. With a basic income, an employee can refuse a very badly paid or degrading job, train, or start a business without fearing losing everything. I am thinking of a young woman who would like to open a sewing workshop: today she hesitates because she cannot live for several months without income. Universal income reduces this risk and can therefore stimulate initiative. This is all the more useful since automation is making some jobs disappear. My third argument is simplicity. Our benefits system is a maze: numerous forms, complex conditions, and many people who do not dare to claim what they are entitled to. An automatic payment would reduce administration and remove the stigma attached to recipients, who would no longer be seen as people living on handouts. However, I must acknowledge several objections. First, the cost: paying a sufficient amount to every inhabitant of a country would require either very high taxes or the removal of other benefits. Next, as the shopkeepers point out in the text, there is a risk of inflation, particularly in rents, which would cancel out part of the benefits. Finally, giving the same sum to a well-off manager and to someone in difficulty is not the most effective way to reduce inequality: public money is limited and must go first to those who need it most. For these reasons, I would rather support a decent minimum wage, accompanied by a targeted guaranteed income for people in insecure situations and massive investment in housing, health and education. The minimum wage also has its limits, because if it is too high it can slow hiring in small businesses; it must therefore be adjusted gradually, in dialogue with the social partners. But it keeps a strong symbolic value: work must allow people to live with dignity. In conclusion, the experiment described in the document does not settle the debate, but it shows that stable financial support can reduce anxiety without discouraging activity. I think the future lies in a combination of solutions rather than an exclusive choice, and that the real question is not only how much money to pay, but what kind of society we want to build.