Entraînement oral DELF B2 — Sujet 24
Les jeunes et l'entrepreneuriat
Dans un récent reportage, une jeune femme de vingt-trois ans raconte comment elle a quitté son poste de salariée pour lancer sa propre entreprise de vêtements d'occasion en ligne. Elle dit apprécier la liberté et le sentiment d'être utile, mais reconnaît travailler soixante heures par semaine sans garantie de revenu. Selon une étude, près de la moitié des moins de trente ans envisagent de créer leur activité, encouragés par les réseaux sociaux, les incubateurs et les aides publiques. Pourtant, un nouveau projet sur deux disparaît avant cinq ans. Des économistes s'interrogent : l'entrepreneuriat est-il une voie d'émancipation pour la jeunesse ou le symptôme d'un marché de l'emploi qui n'offre plus assez de postes stables ? Ils s'inquiètent aussi de la protection sociale de ces jeunes indépendants. Dégagez le problème soulevé par ce document et donnez votre point de vue.
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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
créer son entreprise
to start a business
un indépendant
a self-employed person
l'esprit d'initiative
entrepreneurial spirit
une start-up
a start-up
prendre des risques
to take risks
la protection sociale
social protection
l'échec
failure
un incubateur
an incubator
s'épanouir
to flourish
tandis que
whereas
TipsStructure, register and traps to avoid.View
- Open with the personal story in the document, then widen to the general trend. This shows you can move from a particular case to an idea.
- Name the paradox: entrepreneurship can be freedom or a sign of weak job markets. A clear problem statement is the key point examiners listen for.
- Support each argument with a concrete example (online shop, craftsperson, app developer) instead of general statements.
- Be balanced: praise initiative, but mention financial risk and lack of social protection, then propose solutions such as training and mentoring.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View
French
Bonjour. Le document que je vais commenter est un reportage qui raconte l'histoire d'une jeune femme de vingt-trois ans. Elle a quitté son poste de salariée pour lancer sa propre entreprise de vêtements d'occasion en ligne. Elle apprécie sa liberté et le sentiment d'être utile, mais elle travaille soixante heures par semaine sans garantie de revenu. Le texte ajoute qu'une étude révèle que près de la moitié des moins de trente ans envisagent de créer leur activité, alors qu'un nouveau projet sur deux disparaît avant cinq ans. Les économistes se demandent donc si l'entrepreneuriat est une voie d'émancipation pour les jeunes ou le signe d'un marché du travail qui n'offre plus assez d'emplois stables. La problématique peut se formuler ainsi : encourager les jeunes à créer leur entreprise leur donne-t-il réellement plus d'autonomie, ou les expose-t-il à une précarité déguisée en liberté ? Il faut donc distinguer le choix volontaire et enthousiaste de l'obligation, parfois subie, de devenir son propre patron faute de mieux. Mon point de vue est favorable à l'entrepreneuriat des jeunes, à condition qu'il soit mieux accompagné. J'avancerai trois arguments, puis une réserve importante. Premièrement, l'entrepreneuriat développe l'autonomie et le sens des responsabilités. Un jeune qui monte son projet doit prendre des décisions, négocier avec des fournisseurs, gérer un budget et convaincre des clients. Ces compétences sont difficiles à acquérir dans un poste très encadré. Même lorsque l'entreprise ferme, l'expérience reste précieuse : de nombreux recruteurs apprécient des candidats qui ont osé prendre des risques et qui savent apprendre de leurs erreurs. Deuxièmement, les jeunes sont souvent à l'origine d'innovations utiles. Ils maîtrisent naturellement les outils numériques et perçoivent des besoins que les entreprises établies ne voient pas toujours. Prenons l'exemple de la jeune femme du document : son activité de seconde main répond à une demande croissante de consommation plus responsable. D'autres développent des applications pour les personnes âgées ou des services de livraison écologiques. Ces initiatives créent des emplois, parfois dans des territoires où l'économie était en difficulté, et renouvellent le tissu économique. Troisièmement, l'entrepreneuriat peut offrir une réponse à la crise de confiance de la jeunesse. Face à un marché de l'emploi où l'on enchaîne stages et contrats courts, créer son activité redonne une forme de contrôle sur son avenir. Beaucoup de jeunes cherchent du sens dans leur travail et préfèrent bâtir un projet qui leur ressemble plutôt que d'attendre une promotion incertaine. Cependant, il serait naïf d'ignorer les dangers. Le premier est le taux d'échec : puisqu'un projet sur deux disparaît avant cinq ans, de nombreux jeunes risquent de s'endetter ou d'épuiser leurs économies. Le deuxième est l'inégalité des chances : un jeune dont la famille peut prêter de l'argent et qui possède un bon réseau a bien plus de chances de réussir que quelqu'un qui part de zéro. Enfin, le statut d'indépendant offre une protection sociale souvent plus faible, en cas de maladie, de chômage ou de retraite. Quand l'entrepreneuriat est présenté comme la seule solution, il peut cacher un désengagement du marché du travail. Je pense donc qu'il faut agir sur plusieurs plans. D'abord, l'école devrait proposer une vraie formation à la gestion, à la comptabilité et au droit, afin que les jeunes se lancent en connaissance de cause. Ensuite, des dispositifs de mentorat, où des entrepreneurs expérimentés conseillent les débutants, augmenteraient les chances de survie des projets. Enfin, l'État doit améliorer la protection des indépendants, et permettre à ceux qui échouent de rebondir sans être marqués à vie. Pour conclure, je suis convaincu que l'entrepreneuriat peut être une formidable école d'initiative et de créativité, à condition de ne pas le transformer en injonction. La société doit offrir aux jeunes le choix entre plusieurs chemins : l'emploi stable, la création d'entreprise ou un parcours mixte. C'est en protégeant ceux qui prennent des risques qu'on leur donnera vraiment envie d'entreprendre.
English
Hello. The document I am going to comment on is a report telling the story of a twenty-three-year-old woman. She left her job as an employee to launch her own online second-hand clothing business. She enjoys her freedom and the feeling of being useful, but she works sixty hours a week with no guaranteed income. The text adds that a study reveals that nearly half of those under thirty are considering starting their own business, whereas one new project in two disappears within five years. Economists therefore wonder whether entrepreneurship is a path to emancipation for young people or a sign of a labour market that no longer offers enough stable jobs. The central question can be put this way: does encouraging young people to start their own business really give them more autonomy, or does it expose them to insecurity disguised as freedom? We must therefore distinguish a voluntary and enthusiastic choice from the obligation, sometimes imposed, of becoming one's own boss for lack of anything better. My point of view is favourable to youth entrepreneurship, provided it is better supported. I will put forward three arguments, then one important reservation. Firstly, entrepreneurship develops autonomy and a sense of responsibility. A young person setting up a project has to make decisions, negotiate with suppliers, manage a budget and convince customers. These skills are hard to acquire in a tightly supervised job. Even when the business closes, the experience remains valuable: many recruiters appreciate candidates who dared to take risks and who know how to learn from their mistakes. Secondly, young people are often behind useful innovations. They naturally master digital tools and perceive needs that established companies do not always see. Take the example of the young woman in the document: her second-hand business meets a growing demand for more responsible consumption. Others develop apps for elderly people or eco-friendly delivery services. These initiatives create jobs, sometimes in areas where the economy was struggling, and renew the economic fabric. Thirdly, entrepreneurship can offer a response to the crisis of confidence among young people. Faced with a job market where one goes from one internship or short contract to the next, starting one's own activity restores a form of control over one's future. Many young people look for meaning in their work and prefer to build a project that suits them rather than wait for an uncertain promotion. However, it would be naive to ignore the dangers. The first is the failure rate: since one project in two disappears within five years, many young people risk going into debt or exhausting their savings. The second is inequality of opportunity: a young person whose family can lend money and who has a good network has far better chances of success than someone starting from zero. Finally, self-employed status often offers weaker social protection in the event of illness, unemployment or retirement. When entrepreneurship is presented as the only solution, it can hide the failure of the labour market to offer stable jobs. I therefore think we must act on several fronts. First, schools should offer real training in management, accounting and law, so that young people start out with their eyes open. Next, mentoring schemes, in which experienced entrepreneurs advise beginners, would increase the survival chances of projects. Finally, the State must improve the protection of the self-employed, and allow those who fail to bounce back without being marked for life. To conclude, I am convinced that entrepreneurship can be a wonderful school of initiative and creativity, provided we do not turn it into an obligation. Society must offer young people a choice between several paths: stable employment, starting a business or a mixed career. It is by protecting those who take risks that we will really make them want to undertake.