Entraînement oral DELF B2 — Sujet 37
Presse papier ou presse numérique ?
En dix ans, les ventes de journaux imprimés ont chuté de moitié dans de nombreux pays, tandis que la lecture de l'actualité sur téléphone ne cesse de progresser. Les lecteurs apprécient la gratuité et l'immédiateté des sites d'information, mais beaucoup de rédactions, privées de recettes publicitaires, ont dû réduire leurs équipes. Les défenseurs du papier soulignent qu'un journal permet une lecture plus calme et plus approfondie, loin des notifications. Les partisans du numérique répondent qu'il permet d'actualiser l'information en continu, d'ajouter des vidéos et des données, et de toucher un public plus jeune. Plusieurs titres tentent aujourd'hui de faire payer leurs lecteurs en ligne. Dégagez le problème soulevé par ce document et donnez votre point de vue.
Present the issue and your point of view, clearly and in an organised way (5 to 7 minutes).
Timer
00:00
Starts when you press record. Exam target: 07:00
Feedback IA (rédigé en anglais) sur ta prononciation et ton contenu
Need help? Try on your own first, then open these.
Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
la presse écrite
the print press
une rédaction
a newsroom
les recettes publicitaires
advertising revenue
un abonnement
a subscription
l'actualité en continu
rolling news
une lecture approfondie
in-depth reading
le pluralisme
media diversity
un modèle économique
a business model
être en perte de vitesse
to be losing ground
par ailleurs
moreover
TipsStructure, register and traps to avoid.View
- Define the real problem: it is not only 'paper versus screen' but also who pays for quality journalism. This shows depth.
- Use contrasts to structure your plan: advantages of paper / advantages of digital / a combined solution.
- Mention your own reading habits briefly if relevant, but generalise afterwards to society and democracy.
- Avoid absolute statements like 'le papier va disparaître'; prefer 'il est probable que' or 'on peut penser que'.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View
French
Bonjour. Le document que j'ai choisi traite de l'évolution de la presse. En dix ans, les ventes de journaux imprimés ont diminué de moitié dans de nombreux pays, alors que la lecture de l'actualité sur téléphone ne cesse de progresser. Les lecteurs apprécient la gratuité et la rapidité des sites d'information, mais beaucoup de rédactions, qui ont perdu leurs recettes publicitaires, ont dû réduire leurs équipes. Les défenseurs du papier soulignent qu'on y lit plus calmement et plus en profondeur, tandis que les partisans du numérique rappellent qu'on peut y actualiser l'information en continu et toucher un public plus jeune. Le problème est donc le suivant : comment garantir une information de qualité à l'ère du numérique, et le papier a-t-il encore sa place ? Je vais d'abord présenter les atouts du papier, puis ceux du numérique, avant d'expliquer pourquoi je pense que la vraie question concerne le financement du journalisme. Commençons par le papier. Un journal est un objet fini : il a un début et une fin, et l'on sait quand on a fait le tour de l'actualité. On le lit sans notification, sans publicité clignotante, sans la tentation de passer à autre chose. Plusieurs études suggèrent d'ailleurs qu'on retient mieux ce qu'on lit sur papier, car l'attention est moins dispersée. De plus, la hiérarchie de la une, avec ses titres plus ou moins grands, guide le lecteur et lui fait découvrir des sujets qu'il n'aurait pas cherchés. Sur un écran, au contraire, les algorithmes ont tendance à proposer ce qui nous ressemble, ce qui enferme chacun dans ses habitudes. Le numérique, en revanche, présente des avantages indéniables. Il est immédiat : lors d'une catastrophe ou d'une élection, on suit les événements en direct. Il est accessible : un lecteur qui vit à l'étranger peut lire n'importe quel titre en quelques secondes, ce qui est utile pour comparer les points de vue. Il enrichit aussi le contenu avec des vidéos, des cartes, des graphiques interactifs. Et il est plus économique en matière de distribution : aucun camion ne doit livrer le journal à l'aube. Pour les jeunes, qui ne vont plus guère au kiosque, c'est souvent le seul moyen d'entrer en contact avec la presse. Mais je pense que l'enjeu principal se situe ailleurs. Quel que soit le support, une information de qualité coûte cher : il faut des reporters, des vérificateurs, des correcteurs, des journalistes qui peuvent passer des semaines à enquêter. Or, quand tout est gratuit en ligne, les lecteurs s'habituent à ne pas payer, et les revenus de la publicité sont captés en grande partie par les grandes plateformes. Les rédactions ont alors tendance à chercher les clics, avec des titres racoleurs et des contenus rapides, au détriment de l'enquête. C'est un danger pour la démocratie, car une société mal informée choisit mal. Je crois donc qu'il faut reconnaître que l'information a un prix. L'abonnement numérique, quand il est abordable, me paraît une bonne solution, comme les offres couplant papier et écran. L'État peut aussi soutenir la presse, par exemple par des aides à la diffusion ou des avantages fiscaux, à condition de garantir strictement l'indépendance des journaux. On objectera que tout le monde n'a pas les moyens de payer plusieurs abonnements, et que l'information risque de devenir un luxe. Cette crainte est justifiée. C'est pourquoi des services publics d'information gratuits et indépendants restent indispensables, et pourquoi l'éducation aux médias doit apprendre aux jeunes à repérer des sources fiables. En conclusion, ce n'est pas tant le support qui compte que la qualité du travail journalistique et sa capacité à vivre de son travail. Je pense que papier et numérique sont appelés à coexister, chacun avec ses usages : le premier pour la lecture lente, le second pour l'actualité immédiate. Je vous remercie.
English
Hello. The document I have chosen deals with the evolution of the press. In ten years, sales of printed newspapers have halved in many countries, while reading the news on a phone keeps growing. Readers appreciate the free access and speed of news websites, but many newsrooms, which have lost their advertising revenue, have had to reduce their teams. Defenders of paper stress that one reads more calmly and in greater depth, while supporters of digital recall that information can be updated continuously and a younger audience reached. The problem is therefore the following: how can we guarantee quality information in the digital age, and does paper still have a place? I will first present the strengths of paper, then those of digital, before explaining why I think the real question concerns the financing of journalism. Let us begin with paper. A newspaper is a finished object: it has a beginning and an end, and you know when you have been through the news. You read it without notifications, without flashing advertisements, without the temptation to move on to something else. Several studies suggest, moreover, that people remember better what they read on paper, because attention is less scattered. In addition, the hierarchy of the front page, with its headlines of different sizes, guides the reader and makes them discover subjects they would not have looked for. On a screen, by contrast, algorithms tend to offer what resembles us, which locks everyone into their habits. Digital, on the other hand, has undeniable advantages. It is immediate: during a disaster or an election, one follows events live. It is accessible: a reader living abroad can read any title in a few seconds, which is useful for comparing viewpoints. It also enriches the content with videos, maps, interactive graphics. And it is cheaper in terms of distribution: no lorry has to deliver the paper at dawn. For young people, who hardly go to the newsstand any more, it is often the only way of coming into contact with the press. But I think the main issue lies elsewhere. Whatever the medium, quality information is expensive: it takes reporters, fact-checkers, proofreaders, journalists who can spend weeks investigating. Yet when everything is free online, readers get used to not paying, and advertising revenue is largely captured by the big platforms. Newsrooms then tend to chase clicks, with sensational headlines and quick content, at the expense of investigation. This is a danger for democracy, because a badly informed society chooses badly. I therefore believe we must recognise that information has a price. The digital subscription, when affordable, seems to me a good solution, as do offers combining paper and screen. The State can also support the press, for example through distribution aid or tax advantages, provided it strictly guarantees the independence of newspapers. It will be objected that not everyone can afford several subscriptions, and that information risks becoming a luxury. That fear is justified. This is why free and independent public information services remain indispensable, and why media education must teach young people to spot reliable sources. In conclusion, it is not so much the medium that matters as the quality of journalistic work and its ability to earn a living. I think that paper and digital are destined to coexist, each with its own uses: the former for slow reading, the latter for immediate news. Thank you.