Objectif Français
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Entraînement oral DELF B2 — Sujet 50

Solidarité entre les générations

Dans un pays où les retraites sont financées par les cotisations des actifs, le vieillissement de la population inquiète. Pour équilibrer les comptes, le gouvernement propose de repousser l'âge de départ à la retraite de deux ans. Les jeunes diplômés, qui entrent tard sur le marché du travail et doutent de toucher eux-mêmes une pension décente, se disent écrasés par la dette. Les seniors, eux, estiment avoir cotisé toute leur vie et refusent d'être présentés comme privilégiés. Des initiatives de rapprochement apparaissent : colocations intergénérationnelles, soutien scolaire par des retraités. Un sociologue parle d'un « pacte à renouveler » : la solidarité entre générations repose-t-elle encore sur un contrat équitable ? Dégagez le problème soulevé par ce document et donnez votre point de vue.

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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
  • la retraite par répartition

    pay-as-you-go pension

  • les cotisations

    contributions

  • le pacte entre les générations

    the intergenerational contract

  • repousser l'âge de départ

    to raise the retirement age

  • une pension

    a pension

  • l'équité

    fairness

  • l'entraide

    mutual aid

  • intergénérationnel

    intergenerational

  • peser sur

    to weigh on

  • la réciprocité

    reciprocity

TipsStructure, register and traps to avoid.View
  • Explain the pension mechanism in a sentence (workers pay for retirees) so the examiner sees you understand the issue.
  • Avoid blaming one generation: present both viewpoints fairly before taking a position.
  • Use the concrete initiatives mentioned in the document as evidence that solidarity can also work locally.
  • Conclude with reciprocity as a key idea: what each generation gives and receives.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View

French

Bonjour. Le document que je vais présenter traite de la solidarité entre les générations, à travers la question des retraites. Dans ce pays, les pensions sont financées par les cotisations des actifs, et le vieillissement de la population inquiète. Pour équilibrer les comptes, le gouvernement propose de repousser de deux ans l'âge de départ à la retraite. Les jeunes diplômés, qui entrent tard sur le marché du travail et doutent de toucher eux-mêmes une pension décente, se disent écrasés par la dette. Les seniors, de leur côté, estiment avoir cotisé toute leur vie et refusent qu'on les présente comme des privilégiés. En parallèle, des initiatives naissent, comme les colocations entre jeunes et personnes âgées ou le soutien scolaire assuré par des retraités. La question est donc la suivante : comment préserver un pacte équitable entre les générations quand chacune a le sentiment de porter un poids trop lourd ? Je vais défendre l'idée que ce pacte doit être renouvelé sur la base de la réciprocité, et non du reproche. Je développerai trois arguments. Premièrement, il faut reconnaître que le système actuel repose sur une confiance fragile. Dans la retraite par répartition, ce que paient les actifs d'aujourd'hui finance les pensions d'aujourd'hui, avec la promesse que les générations suivantes feront de même. Or, quand la population active diminue par rapport au nombre de retraités, cette promesse devient difficile à tenir. Un jeune actif que je connais, qui travaille dans l'informatique, me disait qu'il paie des cotisations élevées tout en étant persuadé qu'il n'aura jamais la même pension que ses parents. Ce sentiment d'injustice est compréhensible, et il faut l'entendre plutôt que le balayer en disant que les jeunes manquent de reconnaissance. Deuxièmement, il serait cependant simpliste de faire des seniors les coupables. Ceux qui sont aujourd'hui à la retraite ont souvent commencé à travailler très jeunes, dans des métiers physiquement durs, et leurs pensions ne sont pas toutes élevées : beaucoup de retraités, surtout des femmes, vivent avec de faibles revenus. De plus, ils aident souvent leurs enfants et leurs petits-enfants, en gardant les plus jeunes, en prêtant de l'argent, en offrant un logement. Ma grand-mère, par exemple, gardait mes cousins tous les mercredis, ce qui permettait à ma tante de travailler. Cette entraide, souvent invisible dans les statistiques, représente une forme de solidarité considérable. Troisièmement, la solution passe à la fois par des réformes d'ensemble et par des initiatives de terrain. Sur le plan national, on peut agir sur plusieurs leviers : un recul de l'âge de départ, mais adapté aux métiers pénibles, une augmentation raisonnable des cotisations, et des politiques pour faciliter l'entrée des jeunes dans l'emploi. Un seul levier ne suffit pas et ferait forcément des mécontents. Sur le plan local, les colocations intergénérationnelles et le soutien scolaire par des retraités créent des liens qui changent les regards. Quand un jeune et un senior vivent ensemble, ils découvrent qu'ils ont plus de choses en commun qu'ils ne le croyaient, et les stéréotypes tombent. On peut me répondre que ces initiatives restent anecdotiques, face à un problème financier de grande ampleur. C'est exact, et je ne prétends pas qu'elles remplacent les réformes. Mais elles ont un rôle important : elles renforcent le sentiment d'appartenir à une même communauté, ce qui rend les réformes plus acceptables. Un pays où les générations se parlent et s'apprécient a plus de chances de trouver des compromis qu'un pays où elles se perçoivent comme des adversaires. Pour conclure, je crois que la solidarité entre générations n'est pas une dette que l'on doit, mais un échange permanent : chacun reçoit à un moment de sa vie et donne à un autre. Pour qu'il reste équitable, ce pacte doit être discuté, ajusté et renouvelé régulièrement, avec la participation des jeunes comme des aînés. C'est à cette condition qu'il pourra continuer à garantir une vieillesse digne et un avenir ouvert. Je vous remercie de votre attention.

English

Hello. The document I am going to present deals with solidarity between generations, through the question of pensions. In this country, pensions are funded by the contributions of working people, and the ageing of the population is a concern. To balance the books, the government proposes to raise the retirement age by two years. Young graduates, who enter the job market late and doubt that they will themselves receive a decent pension, say they are crushed by debt. Seniors, for their part, consider that they have contributed all their lives and refuse to be presented as privileged. In parallel, initiatives are emerging, such as flat-shares between young people and older people or school support provided by retirees. The question is therefore the following: how can we preserve a fair pact between generations when each feels it is carrying too heavy a burden? I will defend the idea that this pact must be renewed on the basis of reciprocity, and not of reproach. I will develop three arguments. Firstly, we must recognise that the current system rests on fragile trust. In the pay-as-you-go pension system, what today's workers pay funds today's pensions, with the promise that the next generations will do the same. Yet when the working population shrinks relative to the number of retirees, this promise becomes hard to keep. A young worker I know, who works in IT, told me that he pays high contributions while being convinced that he will never get the same pension as his parents. This feeling of injustice is understandable, and we must listen to it rather than brush it aside by saying that young people lack gratitude. Secondly, it would nevertheless be simplistic to make seniors the culprits. Those who are retired today often started working very young, in physically hard jobs, and their pensions are not all high: many retirees, especially women, live on low incomes. Moreover, they often help their children and grandchildren, by looking after the youngest, lending money, offering housing. My grandmother, for example, looked after my cousins every Wednesday, which allowed my aunt to work. This mutual aid, often invisible in statistics, represents a considerable form of solidarity. Thirdly, the solution lies both in overall reforms and in grassroots initiatives. At national level, we can act on several levers: a later retirement age, but adapted to arduous jobs, a reasonable increase in contributions, and policies to make it easier for young people to enter employment. A single lever is not enough and would inevitably make people unhappy. At local level, intergenerational flat-shares and school support by retirees create bonds that change perceptions. When a young person and a senior live together, they discover that they have more in common than they thought, and stereotypes fall away. One can answer that these initiatives remain anecdotal in the face of a large-scale financial problem. That is correct, and I do not claim that they replace reforms. But they play an important role: they strengthen the feeling of belonging to the same community, which makes reforms more acceptable. A country where generations talk to each other and like each other has a better chance of finding compromises than a country where they see each other as adversaries. To conclude, I believe that solidarity between generations is not a debt that is owed, but a permanent exchange: everyone receives at one point in their life and gives at another. To remain fair, this pact must be discussed, adjusted and renewed regularly, with the participation of young people as well as elders. It is on this condition that it will continue to guarantee a dignified old age and an open future. Thank you for your attention.