Entraînement oral DELF B2 — Sujet 7
Harcèlement scolaire : agir collectivement
Une enquête nationale révèle qu'un élève sur dix déclare avoir subi du harcèlement à l'école, et que les réseaux sociaux prolongent souvent les moqueries jusque dans la chambre des victimes, la nuit et le week-end. Beaucoup de jeunes harcelés se taisent, par peur des représailles ou par honte. Les témoins, eux, hésitent à intervenir. Certains établissements ont créé des équipes de médiation composées d'élèves formés, d'autres ont choisi des sanctions plus sévères et la présence de caméras. Les spécialistes ne s'accordent pas sur l'efficacité de ces mesures, et plusieurs insistent sur le rôle des familles. Dégagez le problème soulevé par ce document et donnez votre point de vue.
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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
le harcèlement
bullying
le cyberharcèlement
cyberbullying
la victime / le harceleur
the victim / the bully
un témoin
a witness / bystander
la médiation
mediation
sanctionner
to punish
prévenir
to prevent
briser le silence
to break the silence
les représailles
retaliation
un climat scolaire
a school climate
TipsStructure, register and traps to avoid.View
- Handle the topic with a serious and respectful tone; harassment is sensitive, so avoid jokes or exaggerated personal stories.
- Clarify the key question: who is responsible and which measures work (punishment, prevention, mediation).
- Cite concrete measures such as trained student mediators, awareness lessons, or hotlines to make your arguments credible.
- Nuance by combining several levers: school, family, platforms, and the role of witnesses.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View
French
Le document que je vais présenter est issu d'une enquête nationale sur le harcèlement scolaire. Il indique qu'un élève sur dix déclare avoir été victime de harcèlement, et que les réseaux sociaux prolongent souvent les moqueries jusque dans la chambre des victimes, la nuit comme le week-end. De nombreux jeunes se taisent par peur des représailles ou par honte, et les témoins hésitent à intervenir. Certains établissements ont créé des équipes de médiation d'élèves formés, d'autres ont préféré durcir les sanctions et installer des caméras. Les spécialistes ne s'accordent pas sur l'efficacité de ces solutions. La problématique est donc la suivante : pour lutter contre le harcèlement scolaire, faut-il privilégier la sanction ou la prévention, et qui doit agir en priorité : l'établissement, les familles ou les élèves eux-mêmes ? Je pense que la prévention doit être la priorité, sans exclure des sanctions adaptées quand elles sont nécessaires. Je développerai trois arguments. Premièrement, il faut briser le silence. Une victime qui se tait est une victime qui souffre seule, parfois jusqu'à la dépression ou au décrochage scolaire. Pour qu'un enfant parle, il doit savoir à qui s'adresser et être certain d'être cru. Cela suppose des adultes formés à l'écoute, des numéros d'appel connus de tous et des procédures claires. Je pense que chaque établissement devrait expliquer dès la rentrée ce qu'est le harcèlement, comment le reconnaître et comment le signaler, pour qu'aucun élève ne se sente isolé. Deuxièmement, le rôle des témoins est décisif. Le harcèlement se nourrit du public : les rires, le silence et l'indifférence encouragent l'auteur. Les expériences de médiation par les pairs, mentionnées dans le document, sont donc prometteuses. Des élèves formés peuvent repérer une situation tendue, intervenir calmement et alerter un adulte. De plus, entendre un camarade plutôt qu'un adulte est souvent plus efficace pour un adolescent. Dans un collège que je connais, ce dispositif a fait baisser sensiblement les signalements graves en deux ans. Troisièmement, les familles et les plateformes ont leur part de responsabilité. Beaucoup de parents ignorent ce que font leurs enfants en ligne, et les réseaux sociaux tardent à supprimer les contenus harcelants. Le harcèlement d'aujourd'hui ne s'arrête plus à la porte de l'école ; il suit la victime à la maison. Il faut donc que les parents dialoguent avec leurs enfants et que les plateformes retirent rapidement les messages signalés. L'école seule ne peut pas résoudre un problème qui dépasse ses murs. On pourrait m'objecter que sans sanctions fermes, les harceleurs ne changeront pas. Je reconnais que laisser un comportement grave sans conséquence enverrait un mauvais signal et ne protégerait pas la victime. Pourtant, une exclusion automatique ne règle pas le problème : l'élève change d'établissement et recommence ailleurs, parfois avec plus de colère. Il me semble préférable de combiner des sanctions proportionnées avec un suivi éducatif, des excuses réparatrices et un accompagnement psychologique, afin que l'auteur comprenne l'impact de ses actes. Quant aux caméras, elles peuvent aider dans les couloirs, mais elles ne voient pas les messages privés et ne remplacent pas la confiance. Je voudrais donner un exemple concret de ce que peut faire un établissement. Dans un lycée voisin du mien, une journée entière a été consacrée chaque année au thème du respect, avec des témoignages d'anciennes victimes, des ateliers de théâtre et des discussions en petits groupes. Les élèves ont dit que ces moments leur avaient permis de comprendre la gravité de certaines plaisanteries qu'ils jugeaient anodines. Ce type d'action coûte peu et change le regard que les jeunes portent sur leurs propres comportements. Il faut enfin rappeler que le harceleur est parfois lui-même un jeune en difficulté, qui a besoin d'aide pour apprendre à gérer sa violence. Aborder le problème dans sa globalité permet de protéger la victime sans abandonner l'auteur. Pour conclure, la lutte contre le harcèlement exige une mobilisation de tous : une école attentive, des élèves solidaires, des familles impliquées et des plateformes responsables. À mon avis, c'est en créant un climat scolaire de confiance, où parler n'est pas risqué, que l'on réduira durablement ce fléau.
English
The document I am going to present comes from a national survey on school bullying. It indicates that one pupil in ten says they have been a victim of bullying, and that social networks often extend the mockery into the victims' bedrooms, at night as well as at weekends. Many young people stay silent out of fear of retaliation or shame, and witnesses hesitate to intervene. Some schools have created teams of trained student mediators, others have preferred to toughen sanctions and install cameras. Specialists disagree on the effectiveness of these solutions. The problem is therefore the following: to fight school bullying, should we favour punishment or prevention, and who should act first: the school, families or the pupils themselves? I think prevention must be the priority, without excluding suitable sanctions when they are necessary. I will develop three arguments. First, the silence must be broken. A victim who stays silent suffers alone, sometimes to the point of depression or dropping out. For a child to speak, they must know whom to turn to and be certain they will be believed. This requires adults trained in listening, helplines known to all and clear procedures. I think every school should explain from the start of the year what bullying is, how to recognise it and how to report it, so that no pupil feels isolated. Second, the role of witnesses is decisive. Bullying feeds on an audience: laughter, silence and indifference encourage the perpetrator. The peer mediation experiments mentioned in the document are therefore promising. Trained pupils can spot a tense situation, intervene calmly and alert an adult. Moreover, hearing a classmate rather than an adult is often more effective for a teenager. In a middle school I know, this scheme significantly reduced serious reports in two years. Third, families and platforms bear part of the responsibility. Many parents do not know what their children do online, and social networks are slow to remove harassing content. Today's bullying no longer stops at the school gate; it follows the victim home. Parents must therefore talk with their children and platforms must quickly remove reported messages. School alone cannot solve a problem that goes beyond its walls. One might object that without firm sanctions, bullies will not change. I acknowledge that leaving serious behaviour without consequences would send a bad signal and would not protect the victim. Yet automatic expulsion does not solve the problem: the pupil changes school and starts again elsewhere, sometimes with more anger. It seems preferable to me to combine proportionate sanctions with educational follow-up, restorative apologies and psychological support, so that the perpetrator understands the impact of their actions. As for cameras, they may help in corridors, but they do not see private messages and do not replace trust. I would like to give a concrete example of what a school can do. In a high school near mine, a whole day was devoted each year to the theme of respect, with testimonies from former victims, theatre workshops and small-group discussions. Pupils said these moments had let them understand the seriousness of some jokes they considered harmless. This kind of action costs little and changes how young people see their own behaviour. Finally, it should be remembered that the bully is sometimes a young person in difficulty, who needs help to learn to manage their violence. Addressing the problem as a whole protects the victim without abandoning the perpetrator. To conclude, fighting bullying requires everyone's mobilisation: an attentive school, supportive pupils, involved families and responsible platforms. In my opinion, it is by creating a school climate of trust, where speaking up is not risky, that this scourge will be lastingly reduced.