DELF B2 — Essai argumentatif — Sujet 15
Obliger les supermarchés à donner
Selon un rapport fictif, des tonnes d'aliments encore consommables sont jetées chaque année par les grandes surfaces, alors que de nombreuses familles ont du mal à se nourrir. Un projet de loi prévoit d'obliger les supermarchés à donner leurs invendus aux associations d'aide alimentaire. Distributeurs et associations ne partagent pas le même point de vue. Vous rédigerez un essai argumenté d'au moins 250 mots dans lequel vous exposerez votre point de vue sur la question de l'obligation faite aux supermarchés de donner leurs invendus, en présentant des arguments et des exemples.
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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
les invendus
unsold goods
le gaspillage alimentaire
food waste
la date limite de consommation
use-by date
l'aide alimentaire
food aid
une déduction fiscale
a tax deduction
la surproduction
overproduction
à la source
at source
un levier
a lever
servir d'alibi
to serve as an alibi
sensibiliser
to raise awareness
TipsStructure, register and traps to avoid.View
- Structure your essay clearly: an introduction with a hook and an explicit problématique (a question), two or three paragraphs with one main idea each, then a conclusion that answers the question.
- Use a variety of connectors to guide the reader: d'abord, en outre, toutefois, néanmoins, en revanche, par conséquent, en définitive. Do not repeat the same one.
- Keep a formal written register: avoid contractions, slang and spoken fillers, prefer nominal phrases and precise vocabulary, and avoid the first person in every sentence (je pense que / à mon sens, used sparingly).
- Pitfall: do not confuse supermarket waste with household waste. Distinguish the different links of the food chain to give your argument precision.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View
French
Chaque année, des tonnes d'aliments encore consommables finissent à la poubelle, alors que de nombreuses familles peinent à se nourrir. Face à ce paradoxe, certains pays ont obligé les grandes surfaces à donner leurs invendus aux associations. Une telle obligation est-elle la bonne solution ? Pour ses partisans, la contrainte légale est indispensable, car la bonne volonté ne suffit pas. Sans obligation, beaucoup de magasins préfèrent jeter les produits proches de la date limite plutôt que de s'embarrasser de démarches logistiques. Or le don présente un double avantage : il réduit les déchets et soulage les associations d'aide alimentaire, dont les besoins explosent en période de crise. De plus, les entreprises bénéficient souvent d'une déduction fiscale, ce qui rend le dispositif attractif. Pourtant, cette obligation ne règle pas le problème à la racine. D'abord, les invendus des supermarchés ne représentent qu'une fraction du gaspillage total, une grande partie étant produite par les ménages eux-mêmes et par la restauration. Ensuite, les associations manquent parfois de moyens pour stocker, trier et distribuer rapidement des denrées périssables, si bien qu'une partie des dons risque d'être perdue de toute façon. Enfin, on peut craindre que les distributeurs, assurés de pouvoir donner, ne se soucient plus de limiter leur surproduction. Aussi me paraît-il nécessaire de combiner plusieurs leviers. Il faudrait ajuster les commandes, vendre à prix réduit les produits à date courte, accepter les fruits et légumes « imparfaits » et sensibiliser les consommateurs à la différence entre date limite de consommation et date de durabilité minimale. Une chaîne qui a adopté ces pratiques a ainsi divisé ses pertes de moitié. En définitive, obliger au don constitue une première étape utile, mais elle ne doit pas servir d'alibi. C'est en réduisant le gaspillage à la source que l'on résoudra durablement ce paradoxe.
English
Every year, tonnes of still-edible food end up in the bin, while many families struggle to feed themselves. Faced with this paradox, some countries have required large stores to give their unsold goods to charities. Is such an obligation the right solution? For its supporters, legal compulsion is essential, because goodwill is not enough. Without an obligation, many shops prefer to throw away products close to their use-by date rather than burden themselves with logistical procedures. Yet donation has a double advantage: it reduces waste and relieves food-aid charities, whose needs soar in times of crisis. Moreover, companies often benefit from a tax deduction, which makes the scheme attractive. Yet this obligation does not solve the problem at its root. First, supermarket unsold goods represent only a fraction of total waste, a large part being produced by households themselves and by catering. Second, charities sometimes lack the means to store, sort and quickly distribute perishable foods, so that part of the donations risks being lost anyway. Finally, one may fear that retailers, assured of being able to donate, will no longer bother to limit their overproduction. It therefore seems necessary to me to combine several levers. Orders should be adjusted, short-dated products sold at reduced prices, "imperfect" fruit and vegetables accepted, and consumers made aware of the difference between a use-by date and a best-before date. One chain that adopted these practices has thus halved its losses. Ultimately, requiring donation is a useful first step, but it must not serve as an alibi. It is by reducing waste at source that this paradox will be durably resolved.