DELF B2 — Essai argumentatif — Sujet 16
Faut-il interdire les vols courts ?
Dans un pays fictif, un train à grande vitesse relie en deux heures la capitale à une grande ville où l'on se rend aussi en avion en une heure. Face à l'urgence climatique, le gouvernement envisage d'interdire les vols intérieurs lorsqu'une alternative ferroviaire existe. Compagnies aériennes, voyageurs et écologistes sont partagés. Vous rédigerez un essai argumenté d'au moins 250 mots dans lequel vous exposerez votre point de vue sur la question de l'interdiction des vols courts quand le train est une alternative, en présentant des arguments et des exemples.
Writing time
1:00:00
Official limit: 1:00:00
Need help? Try on your own first, then open these.
Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
un vol court-courrier
a short-haul flight
les émissions de gaz à effet de serre
greenhouse gas emissions
l'alternative ferroviaire
the rail alternative
le kérosène
jet fuel
une exonération
an exemption
un train de nuit
a night train
une correspondance
a connecting flight
réorienter
to redirect
être compétitif
to be competitive
une contrainte vécue comme injuste
a constraint felt to be unfair
TipsStructure, register and traps to avoid.View
- Structure your essay clearly: an introduction with a hook and an explicit problématique (a question), two or three paragraphs with one main idea each, then a conclusion that answers the question.
- Use a variety of connectors to guide the reader: d'abord, en outre, toutefois, néanmoins, en revanche, par conséquent, en définitive. Do not repeat the same one.
- Keep a formal written register: avoid contractions, slang and spoken fillers, prefer nominal phrases and precise vocabulary, and avoid the first person in every sentence (je pense que / à mon sens, used sparingly).
- Pitfall: a ban is a strong measure, so justify it with a comparison (plane versus train) and with conditions, rather than a simple opinion.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View
French
Paris-Lyon en avion, Madrid-Barcelone en quelques dizaines de minutes : les vols courts restent très prisés, alors même qu'un train rapide relie ces villes. Plusieurs gouvernements ont décidé de les interdire quand une alternative ferroviaire existe. Cette mesure est-elle justifiée ? À première vue, l'argument écologique paraît imparable. Sur un même trajet, l'avion émet nettement plus de gaz à effet de serre par passager que le train, surtout lorsque celui-ci est alimenté par une électricité peu carbonée. Supprimer ces liaisons enverrait un message clair et contribuerait à réorienter les voyageurs vers un mode de transport plus sobre. De plus, si l'on tient compte du temps passé pour rejoindre l'aéroport et passer les contrôles, le train est souvent presque aussi rapide. Cependant, l'interdiction pose plusieurs difficultés. Elle ne concerne qu'une faible part des émissions du transport aérien, la majorité provenant des vols long-courriers, si bien que son effet global reste limité. Elle peut aussi pénaliser les voyageurs en correspondance, qui utilisent ces vols pour rejoindre un grand aéroport international. Par ailleurs, le train n'est pas toujours une véritable alternative : ses billets sont parfois plus chers, ses horaires moins pratiques et ses retards fréquents. Selon moi, la priorité consiste donc à rendre le train réellement compétitif avant d'interdire quoi que ce soit. Baisser les tarifs, multiplier les trains de nuit, simplifier la réservation de billets combinés et taxer le kérosène, aujourd'hui souvent exonéré, rééquilibreraient la concurrence. Une fois cette alternative fiable et abordable, l'interdiction deviendrait une mesure d'accompagnement légitime plutôt qu'une contrainte vécue comme injuste. Pour conclure, supprimer les vols courts est une idée cohérente, mais elle doit être précédée d'un investissement sérieux dans le rail. Sans cela, on risque de punir les voyageurs au lieu de les convaincre.
English
Paris to Lyon by plane, Madrid to Barcelona in a few dozen minutes: short-haul flights remain very popular, even though a high-speed train links these cities. Several governments have decided to ban them when a rail alternative exists. Is this measure justified? At first sight, the ecological argument seems unanswerable. On the same journey, a plane emits clearly more greenhouse gas per passenger than a train, especially when the latter runs on low-carbon electricity. Abolishing these routes would send a clear message and help redirect travellers towards a more frugal mode of transport. Moreover, if we take into account the time spent getting to the airport and going through security, the train is often almost as fast. However, the ban raises several difficulties. It concerns only a small share of aviation emissions, the majority coming from long-haul flights, so its overall effect remains limited. It can also penalise connecting passengers, who use these flights to reach a major international airport. Furthermore, the train is not always a genuine alternative: its tickets are sometimes more expensive, its timetables less convenient and its delays frequent. In my opinion, the priority is therefore to make the train truly competitive before banning anything. Lowering fares, multiplying night trains, simplifying the booking of combined tickets and taxing jet fuel, which is often exempt today, would rebalance competition. Once this alternative is reliable and affordable, the ban would become a legitimate accompanying measure rather than a constraint felt to be unfair. To conclude, abolishing short-haul flights is a coherent idea, but it must be preceded by serious investment in rail. Without that, we risk punishing travellers instead of persuading them.