DELF B2 — Essai argumentatif — Sujet 39
Le droit à la déconnexion
Avec le télétravail et les messageries professionnelles installées sur les téléphones, de nombreux salariés répondent à des courriels le soir et le week-end. Une étude fictive d'un syndicat montre que cette disponibilité permanente accroît le stress. Plusieurs pays envisagent d'inscrire dans la loi un droit à la déconnexion, mais des employeurs craignent une perte de souplesse. Vous rédigerez un essai argumenté d'au moins 250 mots dans lequel vous exposerez votre point de vue sur la question, en présentant des arguments et des exemples.
Writing time
1:00:00
Official limit: 1:00:00
Need help? Try on your own first, then open these.
Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
le droit à la déconnexion
right to disconnect
le salarié
employee
l'employeur (m.)
employer
l'épuisement professionnel
burnout
la disponibilité
availability
le télétravail
remote working
l'équilibre (m.)
balance
la souplesse
flexibility
imposer
to impose
un accord d'entreprise
company agreement
TipsStructure, register and traps to avoid.View
- Open with a hook (a fact, a trend, a question) and state your problématique clearly in the introduction; do not just copy the question from the prompt.
- Build 2-3 body paragraphs, each with one main idea, an explanation and a concrete example; add one paragraph of concession or nuance before concluding.
- Use varied connectors (d'abord, en outre, toutefois, en revanche, en définitive) and keep a formal written register: no contractions, no slang, no 'on' overuse.
- Avoid the trap of listing ideas without developing them or sitting on the fence: take a clear position, stay consistent, and check agreements and verb tenses when you reread.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View
French
Le téléphone vibre à vingt-deux heures : un message de la direction demande une réponse « dès que possible ». Cette scène, devenue banale depuis la généralisation du télétravail, illustre un phénomène nouveau : la frontière entre vie professionnelle et vie privée s'efface. Faut-il alors garantir par la loi un droit à la déconnexion ? Les arguments en faveur d'une telle mesure sont solides. Premièrement, la santé : la disponibilité permanente empêche le véritable repos, augmente le stress et favorise l'épuisement professionnel, dont le coût humain et économique est considérable. Deuxièmement, sans règle claire, les salariés n'osent pas ignorer un message de leur supérieur, de peur d'être mal jugés ; la liberté de se déconnecter reste donc théorique. Enfin, le temps de repos est indispensable à la vie familiale et aux loisirs, qui nourrissent d'ailleurs la créativité au travail. Néanmoins, certains font valoir que l'obligation légale risque d'être trop rigide. Dans un monde où les équipes travaillent à travers plusieurs fuseaux horaires, un échange en soirée peut être nécessaire. De plus, de nombreux salariés apprécient de pouvoir organiser librement leur journée et de répondre à un courriel à dix-huit heures pour libérer leur après-midi. Enfin, il est difficile de contrôler le respect de la règle, surtout pour les cadres qui n'ont pas d'horaires fixes. Ces objections n'invalident pourtant pas le principe. Elles montrent plutôt qu'il faut prévoir des exceptions pour les urgences et laisser aux entreprises le soin de définir, par des accords négociés, des pratiques adaptées à leur activité, comme l'interdiction des envois nocturnes ou une signature indiquant que la réponse n'est pas attendue immédiatement. En conclusion, un cadre légal me paraît nécessaire pour protéger les plus vulnérables, à condition qu'il soit souple et complété par une véritable culture du respect du temps de chacun.
English
The phone buzzes at ten at night: a message from management asks for a reply "as soon as possible". This scene, which has become commonplace since remote working became widespread, illustrates a new phenomenon: the border between professional and private life is fading. Should a right to disconnect therefore be guaranteed by law? The arguments in favour of such a measure are solid. First, health: permanent availability prevents genuine rest, increases stress and encourages burnout, whose human and economic cost is considerable. Second, without a clear rule, employees do not dare ignore a message from their superior, for fear of being judged badly; the freedom to disconnect therefore remains theoretical. Finally, rest time is essential for family life and leisure, which, moreover, feed creativity at work. Nevertheless, some argue that a legal obligation risks being too rigid. In a world where teams work across several time zones, an evening exchange may be necessary. Moreover, many employees like to organise their day freely and to answer an email at six o'clock to free up their afternoon. Finally, it is hard to monitor compliance with the rule, especially for managers who have no fixed hours. These objections do not, however, invalidate the principle. They rather show that exceptions must be provided for emergencies and that companies should be left to define, through negotiated agreements, practices suited to their activity, such as a ban on night-time messages or a signature stating that no immediate reply is expected. In conclusion, a legal framework seems necessary to me to protect the most vulnerable, provided that it is flexible and complemented by a genuine culture of respect for everyone's time.