DELF B2 — Essai argumentatif — Sujet 45
Langue et intégration des immigrés
Un pays d'accueil reçoit chaque année plusieurs dizaines de milliers de nouveaux arrivants. Un projet de loi fictif prévoit de rendre obligatoire la réussite d'un examen de langue pour obtenir un titre de séjour durable. Associations et responsables politiques s'opposent sur l'efficacité de cette mesure. Question : La maîtrise de la langue du pays d'accueil doit-elle être une condition obligatoire de l'intégration des immigrés ? Vous rédigerez un essai argumenté d'au moins 250 mots dans lequel vous exposerez votre point de vue sur la question, en présentant des arguments et des exemples.
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Key words & expressionsUseful French for this topic, with translations.View
l'intégration
integration
le pays d'accueil
host country
un titre de séjour
residence permit
maîtriser une langue
to master a language
vivre en marge
to live on the fringes
la discrimination
discrimination
pénaliser
to penalise
dans ce contexte
in this context
toutefois
however
indispensable
essential
TipsStructure, register and traps to avoid.View
- Introduce the issue with a general idea (migration, adaptation) and a precise question; keep a respectful, neutral tone on a sensitive subject.
- Distinguish clearly between arguments for and against, and give a real example for each (employment, school, daily life).
- Use nuanced language (peut, risque de, il semble que) rather than absolute statements that sound like prejudice.
- Do not forget the conclusion: summarise your position in one or two sentences and open on a larger idea, without adding new arguments.
Example answerCompare with a model response after your attempt.View
French
Quitter son pays pour s'installer dans un autre implique de s'adapter à une nouvelle culture, à de nouvelles règles et, souvent, à une nouvelle langue. Dans ce contexte, faut-il exiger des immigrés un niveau de langue minimal comme condition de leur séjour durable ? Les partisans de cette exigence soulignent que la langue est la clé de l'intégration. Elle permet de trouver un emploi, de comprendre ses droits, de suivre la scolarité de ses enfants et de nouer des relations avec ses voisins. Sans elle, le risque est de vivre en marge, enfermé dans sa communauté d'origine. Une obligation claire inciterait donc les nouveaux arrivants à apprendre rapidement, ce qui bénéficierait à eux-mêmes comme à la société d'accueil. Plusieurs pays européens ont d'ailleurs adopté ce principe et constatent une meilleure insertion professionnelle. Toutefois, cette approche soulève des objections sérieuses. Certains immigrés, notamment les personnes peu scolarisées, les réfugiés traumatisés ou les parents de jeunes enfants, ont de grandes difficultés à suivre des cours, et un examen strict risque de les pénaliser injustement. De plus, sanctionner l'échec par un refus de séjour revient à punir celui qui a justement besoin d'aide. Enfin, l'intégration ne se réduit pas à la langue : le logement, l'emploi et l'absence de discrimination y jouent un rôle tout aussi décisif. Il me semble donc préférable de transformer l'obligation en droit : offrir des cours gratuits, accessibles pendant le temps de travail et adaptés au niveau de chacun, avec des horaires compatibles avec la vie familiale. L'encouragement est plus efficace que la menace. En conclusion, la maîtrise de la langue est indispensable, mais elle ne doit pas servir de barrière. Une société qui veut intégrer doit d'abord donner les moyens d'apprendre.
English
Leaving one's country to settle in another means adapting to a new culture, new rules and, often, a new language. In this context, should immigrants be required to reach a minimum language level as a condition for long-term residence? Supporters of this requirement stress that language is the key to integration. It makes it possible to find a job, understand one's rights, follow one's children's schooling and build relationships with neighbours. Without it, there is a risk of living on the fringes, locked into one's community of origin. A clear obligation would therefore encourage newcomers to learn quickly, which would benefit them as well as the host society. Several European countries have, moreover, adopted this principle and observe better professional integration. However, this approach raises serious objections. Some immigrants, notably people with little schooling, traumatised refugees or parents of young children, have great difficulty following classes, and a strict exam risks penalising them unfairly. Furthermore, punishing failure with a refusal of residence amounts to punishing precisely the person who needs help. Finally, integration is not limited to language: housing, employment and the absence of discrimination play an equally decisive role. It therefore seems to me preferable to turn the obligation into a right: offering free classes, available during working hours and adapted to everyone's level, with schedules compatible with family life. Encouragement is more effective than threats. In conclusion, mastery of the language is essential, but it must not serve as a barrier. A society that wants to integrate must first provide the means to learn.